Crise de l’eau

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Introduction à la crise de l’eau.

  1. Crise de l’eau
    1. Chiffres
    2. Prospection mondiale
    3. Conflits
    4. Futur

Chiffres :

Comme nous le savons, 71% de la terre est faite d’eau ; seulement, 97,4% de cette eau est salée.

La majorité de ces 2,6% d’eau douce est formée par les glaciers des montagnes et les glaces de l’arctique et de l’antarctique ; le reste provenant des nappes phréatiques, des lacs, des rivières et des fleuves.

L’eau douce est renouvelable, car formée par le cycle de l’évaporation (nuage, pluie, neige). La quantité disponible est donc constante (c’est la même depuis la préhistoire), cependant, la population ne cesse de croître. En effet, la démographie mondiale devrait être de 9 milliards d’individus d’ici 2050. Je rappellerai qu’elle était d’un milliard d’individus en 1800, et de 6 milliards en 2001.

A l’heure d’aujourd’hui, un quart de la population n’a pas accès à l’eau potable, soit 1,5 milliard d’habitants ; et 400 millions d’habitants sont en zone de pénurie.

Soit, la principale cause de ce stress hydrique est sans nul doute l’accroissement démographique.

Cela devrait donc, dans un avenir proche, aggraver l’inégale répartition des ressources en eau, les conflits entre les usages, et altérer la qualité même de l’eau.

Prospection mondiale : 2025

Pour des pays comme la Russie, le Canada, la majeure partie de l’Amérique du Sud et de l’Afrique sub-Saharienne, on ne relève pas de risque de pénurie, car ces zones ont d’importantes réserves en eau. Ces pays utiliseront moins de 20% de leurs réserves d’eau douce disponible (en bleu sur le graphique).

Dans la majeure partie de l’Europe Centrale et Orientale, certaines régions des Etats-Unis, de l’Inde, ou de la Chine, il y a risque de concurrence entre les divers usages, car l’eau sera utilisée entre 20 et 40% (en jaune sur le graphique).

Au delà de 40%, les risques de pénurie sont élevés. Cela concerne l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient, l’Asie Centrale, la majorité de l’Inde, la Chine du Nord et l’Ouest des Etats-Unis.

penurie eau prospective water crisis 2025

Penchons-nous désormais sur les conflits que l’eau crée et pourrait créer à l’avenir.

Les conflits politico-hydriques :

Sachant que la plupart des fleuves s’étalent sur plusieurs pays, les conflits sont fréquents. En effet, les pays en amont, étant les premiers servis (le fleuve prenant source sur son territoire), non seulement ils construisent des barrages afin de produire de l’électricité (et favoriser l’agriculture), ce qui réduit nettement le débit du fleuve en aval (affectant ainsi le pays voisin), mais en plus pollue le fleuve de produits chimiques (dû principalement aux engrais et pesticides des zones arables proches du fleuve) ce qui affecte la qualité de l’eau et favorise le transport de maladies.

C’est le cas du Danube, en Europe, qui est commun à huit pays, du Nil en Afrique qui traverse lui aussi huit pays, et du Mékong en Asie du Sud-Est qui traverse six pays.

carte fluviale river map

Il existe 200 bassins fluviaux dans le monde, et seulement un tiers de ces fleuves sont gérés par des traités, et seuls quelques-uns d’entre-eux ont un statut international tel que le Danube.

Un exemple représentatif de fleuve non géré par des traités est celui de l’Euphrate et du Tigre.

En effet, l’Euphrate et le Tigre prennent source en Turquie et se déversent dans le Golfe Persique ; ils passent alors par la Syrie et l’Irak. La Turquie a construit depuis 1980 plusieurs barrages sur l’Euphrate réduisant ainsi les débits d’eau en aval. La Syrie, et encore plus l’Irak se plaignent du débit de ce fleuve ponctionné par la Turquie, ainsi que de la qualité de ses eaux.

tigre euphrate tigris euphrates

En effet, en 1976, Ankara, la capitale Turque a lancé le projet G.A.P. (en Turc : Güneydoğu Anadolu Projesi, en Français P.A.S. : Projet de l’Anatolie du Sud-Est ) ; ce projet vise a effectuer 22 barrages et 19 centrales électriques.

gap project g a p

Le projet G.A.P. produit 30 milliards de kw/h d’électricité, permet d’irriguer 1,7 millions d’hectares de terres arides et ainsi de développer près de 10% de la superficie Turque.

turquie barrages dam turkey

Le projet G.A.P., en 2010, assure 7 000 kilomètres de canaux d’irrigation. En Anatolie Orientale, la production de blé a augmenté de plus de 100%, celle du coton de près de 400% et celle de la tomate de plus de 500%.

Les revenus de l’Anatolie sont alors multipliés par cinq, 3,5 millions d’emplois furent créés augmentant ainsi le niveau de vie des habitants et attirant ainsi les IDE (Investissements Directs Etrangers) et le tourisme.

L’Euphrate n’étant pas un fleuve à statut international, la Turquie stocke alors derrière ses barrages plus d’une année de débit de l’Euphrate, ce qui, évidemment, réduit les débits d’eau en aval ; donc, en Syrie et en Irak.

A son entrée en Syrie, le débit de l’Euphrate est de 830m3 par seconde. Selon Damas, le G.A.P. aurait réduit de 40% le débit de l’Euphrate en Syrie. La population Syrienne ayant plus que doublée entre 1970 et 2000, passant de 7 millions à 16 millions d’habitants, celle-ci pourrait fortement rencontrer des problèmes de pénurie d’eau d’ici 2025.

De ce fait, la Syrie a elle aussi construit des barrages ; notons celui de Tabqa sur l’Euphrate en 1973 (ce barrage produit 50% de l’électricité du pays et permet l’agriculture irriguée), ainsi qu’un autre à Tichrin.

En Irak, la situation est donc encore pire, avec un débit de l’Euphrate de seulement 100m3 par seconde.

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De plus, cette eau est de qualité médiocre car elle est polluée par les engrais et les rejets industriels et urbains venant de l’amont ; elle est aussi très salée, d’où la dégradation des sols. Comme nous le savons, la pollution de l’eau contribue à l’augmentation des maladies, dont la fièvre typhoïde, qui serait passée de 2 000 cas à 28 000 cas entre 1994 et 2000.

La Syrie et l’Irak demandent bien évidemment la reconnaissance du statut de fleuve international à l’Euphrate ; mais nous notons que la Turquie s’est bien gardée de signer la convention des Nations Unies de 1997 sur l’utilisation des fleuves internationaux, privant ainsi la Syrie et l’Irak de recours devant les juridictions internationales.

Cet exemple n’est évidemment pas isolé, nous pourrons citer par exemple les problèmes fluviaux entre Israëliens et Palestiniens.

Futur:

Il y a donc, dans ces zones arides, risque sur les quantité d’eau disponible ainsi que sur les divers usages puisque l’eau est actuellement utilisée dans le monde à 70% pour l’agriculture, 20% pour l’industrie et 10% pour la consommation domestique.

Les besoins moyens dans le monde son estimés à 50 litres d’eau par jour, or, la consommation dépasse les 200 litres en Europe, et les 500 litres aux états-Unis ou en Australie.

consommation eau water consumption

Le problème est qu’en 2025, la population sera à 60% urbaine.

population urbaine urban density

Et, sur les 30 mégalopoles de plus de 8 millions d’habitants, 26 seront situées dans des pays en voie de développement (points en jaune sur la carte).

megalopoles eau megalopolis water

Donc, il faudra alimenter ces villes en eau potable dont la consommation devrait augmenter, en 2025, de 40% par rapport à 2005. Il faudra aussi nourrir ces populations, donc augmenter en surface l’irrigation de 30% au minimum.

C’est donc tout cela qui risque de conduire à des pénuries d’eau.

En Inde, en Chine et au Mexique, près de 85% d’eau est utilisé pour l’agriculture, alors que nous ne sommes qu’à 20% pour la France.

Comme nous le savons, l’irrigation intensive peut avoir de graves conséquences sur l’environnement, comme le démontre la mer d’Aral en Asie Centrale. Avec le développement de la culture intensive du coton au Kazakhstan et en Ouzbékistan, l’irrigation a peu à peu réduit le débit des fleuves Amou Daria et Syr Daria avec des pertes considérables car seulement 40% de l’eau prélevée parvenait jusqu’aux cultures irriguées ; conséquence : assèchement de la mer d’Aral dont le niveau a baissé depuis 1960 de 13 mètres et la surface a diminué de 30%.

mer aral sea

mer aral sea

Les ports d’Aralsk et de Mouniak sont désormais à plus de 50 kilomètres de la mer ; ainsi qu’une augmentation de salinité des sols et une disparition de la faune et donc pour le populations un abaissement des rendements agricoles et la chute de la qualité de l’eau potable.

Aujourd’hui, plus de 3 millions de personnes meurent de maladies liées à l’eau. Comme le disait Pasteur, “nous buvons 90% de nos maladies”.

A l’image de l’Asie du sud-est, il y a de nombreuses parties du globe qui ont des problèmes d’approvisionnement, d’assainissement, de pollution (risques de maladies).

L’Asie consomme actuellement 70% de la consommation mondiale d’eau (cela s’explique bien évidemment par le poids démographique mais aussi parce-que se trouvent là la majorité des terres irriguées au monde).

Dans l’ensemble des pays en voie de développement, seuls 10% des eaux usées sont traitées. Chaque année, le choléra et les diarrhées touchent 700 millions de personnes. Pour illustrer cela, je vous révélerai que 90% des lits des hôpitaux publics du Brésil sont occupés par des malades atteints de maladies dues à la pollution de l’eau.

De plus, dans plusieurs grandes capitales, nous faisons face à des problème liés à la demande d’eau, à l’instar de Mexico et Bangkok. En effet, sous la pression démographique, les lacs alentours sont asséchés, les fleuves sont surexploités, et, plus dangereux encore, les nappes phréatiques sont vidées, ce qui cause de dangereux affaissements de terrains.

La question en suspens est : quand l’eau sera-t-elle privatisée ?

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