Géopolitique du pétrole

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Introduction à la géopolitique du pétrole.

  1. Chocs pétroliers
    1. Premier choc pétrolier
    2. Second choc pétrolier
    3. Troisième choc pétrolier
    4. Effets sur l’économie mondiale
    5. Alternatives des pays importateurs
  2. Géopolitique du pétrole
    1. Contrôle des gisements
    2. Contrôle des détroits
    3. Instabilité des pays
    4. Pays producteurs
    5. Pays consommateurs
    6. Sécurité de l’approvisionnement
    7. IOC à NOC
    8. Etats-Unis : hyperpuissance sur la défensive
    9. Chine : à l’interception
    10. Organismes environnementaux
  3. Pollution due au pétrole
    1. Extraction
    2. Transport
    3. Consommation
    4. Evolutions technologiques


Chocs pétroliers :

Un choc pétrolier se forme lorsqu’une modification brutale de l’offre du pétrole se forme ; combinant hausse du prix et baisse de production.

1973 – le premier choc pétrolier :

Le premier choc pétrolier est due à l’augmentation massive des prix pratiquée par le cartel pétrolier de l’OPEP pour compenser les effets de l’effondrement du dollar qui a suivi son détachement de toute référence à l’or et son flottement au début des années 1970. La guerre avec l’Israël a été le prétexte à une augmentation massive des prix et à un contingentement de la production. Cette hausse a aggravé de façon sensible les effets du ralentissement conjoncturel mondial qui avait commencé à cette période.

1979 – le second choc pétrolier :

Le deuxième choc pétrolier s’est produit en 1979. Sous les effets conjugués de la révolution iranienne et de la guerre Iran-Irak, le prix du pétrole est multiplié par 2,7 entre la mi-1978 et 1981.

2008 – le troisème choc pétrolier :

Contrairement au premier et au second choc pétrolier, où les prix ont été multipliés par trois en quelques mois et en une fois à cause d’un événement précis (action des pays producteurs pour l’un, guerre pour l’autre qui a fait baisser l’offre, le troisième choc se caractérise par une hausse forte mais progressive de 2003 à 2007, puis une hausse d’une ampleur et d’un niveau sans précédent au premier semestre 2008, liée à une hausse de la demande, à une stagnation de l’offre et à la spéculation. Cela entraînera notamment la crise financière que nous avons connu récemment.

oil price shocks chocs petroliers cours petrole

Les effets des crises pétrolière sur l’économie mondiale :

L’augmentation brutale des prix du pétrole a un effet inflationniste en affectant en premier lieu les professions dépendant directement des carburants.

correlation inflation crude oil price petrole ipc cpi

Les pays pauvres subissent de plein fouet ce type de crise, leur économie est trop brutalement touchée ; cela engendre des famines, des mouvements de panique et des manifestations, et parfois, des guerres civiles. Les pays en voie de développement se voient déstabilisés car ils n’ont pas encore les ressources nécessaires pour palier au manque d’énergie car ils ne la diversifie que très peu. Les pays développés, quant à eux, mis à part les secteurs directement liés au pétrole (comme l’automobile), supportent mieux le choc (qui en général est de courte durée). Ils font face à un déplacement des investissements hautement rentables dans d’autres branches de l’industrie plus sûres et à une politique plus ou moins déflationniste et protectionniste afin de limiter et contrebalancer le déséquilibre de leurs balances de paiements. Ainsi, les bilans des sociétés s’en trouvent plus où moins affectées selon leur secteur. Le consommateur quant à lui, voit son pouvoir d’achat diminuer ; ce qui se répartit donc sur tous les secteurs. Cependant lors du troisième choc pétrolier, les pays en voie de développement ont réellement commencé à se pencher sur des alternatives au pétrole car il n’est pas nécessaire d’être médium pour deviner que des prochains chocs auront lieu dans le moyen terme, dus à la raréfaction de l’offre et à la hausse de la demande. En effet, outre la production d’électricité qui tend à se généraliser via les centrales nucléaires, les carburants du secteur automobile tend à évoluer sous diverses formes dites “propres” dans le but de ne pas encaisser trop violemment un quatrième choc pétrolier.

Les alternatives des pays importateurs :

Les bio-carburants sont, par les pays développés, la réponse au problème des cours du pétrole. Leurs ressources énergétiques étant bien diversifiée, le secteur des transports est le dernier à être réellement heurté par un choc pétrolier. Voilà pourquoi cette réponse. Celle-ci n’est que provisoire. En effet, les bio-carburants ne sont pas pour autant aussi bio que cela. En effet, les bio-carburants, pour être produits, consomment du pétrole ; paradoxe incontestable. De plus, ces carburants entraînent d’autres problèmes environnementaux, à l’image de l’augmentation de l’acidité des terres dues aux traitements spéciaux des légumes à des fins de bio-carburant (sans parler de sa distillation par la suite). En bref, cette réponse permet de mieux absorber le choc, sans pour autant l’éviter. A l’heure d’aujourd’hui, il n’y a en réalité aucune autre alternative au pétrole (en terme de rapport énergie/prix).


Géopolitique du pétrole :

Le contrôle des gisements :

Le contrôle des gisements est le premier enjeu géopolitique du pétrole ; il est effectué de force par l’armée des pays consommateurs sur les pays producteurs.

Pour exemple, l’opération Ajax en 1953 en Iran :

L’opération Ajax (officiellement TP-AJAX) était une opération secrète menée par le Royaume-Uni et les Etats-Unis en 1953, exécutée par la CIA, pour mettre un terme à la politique nationaliste du Premier ministre d’Iran, Mohammad Mossadegh, et consolider le pouvoir du Chah, Mohammed Reza Pahlavi, ceci afin de préserver les intérêts occidentaux dans l’exploitation des gisements pétrolifères iraniens. Durant l’administration du président américain Bill Clinton en 2000, suite à un rapport publié, la secrétaire d’Etat, Madeleine Albright, a reconnu officiellement le rôle des États-Unis dans l’organisation et le soutien financier du coup d’Etat de 1953. Barack Obama est le premier président à reconnaître l’implication de son gouvernement et à s’en excuser dans un discours adressé à la communauté musulmane le 4 juin 2009 : “En pleine guerre froide, les États-Unis ont joué un rôle dans le renversement d’un gouvernement iranien démocratiquement élu”.

Le contrôle des détroits :

La géostratégie des détroits par lesquels passent les pétroliers constitue le second enjeu : celui du transport pétrolier. Près de 20 % du commerce mondial dont 40 % des exportations du pétrole emprunte le détroit d’Ormuz. Aujourd’hui, il est inconcevable que ce dernier soit fermé ou même menacé. Les pays limitrophes (Iran, Oman, Emirats Arabes Unis et Arabie Saoudite) sont au cœur de l’une des régions les plus convoitées de la planète.

detroit ormuz strait

La Cinquième flotte américaine y mouille d’ailleurs en permanence. Egalement source de tension, le détroit de Malacca. Le canal de Suez a aussi parfois été source de tensions. Nous pouvons aussi citer, dans une autre mesure géopolitique, le canal de Panama.

Les menaces qui s’exercent sur les détroits peuvent être de nature militaire, mais aussi terroriste ou même la piraterie, qui connait des regains périodiques.

Instabilité des pays – taux de transparence :

Les premiers pays dont la transparence est très forte sont pour la plupart scandinaves, suivis des Etats du G20 principalement. Ensuite se trouvent, logiquement, les pays en voie de développement. Les derniers sont les pays d’Afrique noire et les Etats dont la politique du pays est instable. Je relèverai juste un point non pas étonnant, mais décevant : la position de la Russie, qui figure à la 145ème place. Considérée comme un pays à fort potentiel (énergétique notamment, mais aussi en tant que plus grand pays au monde, et en tant que membre du G20, avec le 12ème PIB au classement mondial), nous pouvons constater par le biais de cette étude que s’il ne brille pas autant qu’il le pourrait, à l’image de la Chine ou encore du Brésil (voire de l’Inde), c’est certainement dû à la corruption qui gangrène ce continent-pays.

Voici le classement de la plupart des pays notés par rapport à leur degré de corruption par le Transparency International.

classement mondial indice perception corruption ipc

Les principaux pays producteurs :

Arabie Saoudite (13%)
USA (11%)
Russie (8%)
Iran (5%)
Mexique (5%)
Venezuela (5%)
Chine (5%)
Norvège (4%)
Irak (4%)
Angleterre (4%)
Emirats Arabes Unis (3%)

pays producteurs producing countries

Si maintenant on se penche sur les réserves, on obtient une autre géographie.

Les pays disposant des plus grosses réserves de pétrole prouvées :

66% des réserves mondiales sont au Moyen-Orient.
25% en Arabie Saoudite
11% en Irak
9% au Emirats Arabes Unis
9% au Koweit
8,5% en Iran

reserves moyen orient middle east

Ces pays peuvent évidemment à eux-seuls fortement influencer l’offre. On l’a vu lors des chocs pétroliers de 1973 et 1979 ; on comprend mieux alors le mobile de la guerre du Golfe au Koweït (intervention de l’ONU pour empêcher que l’Irak qui détenait déjà 11% des réserves mondiales de pétrole n’en détienne alors 20%).

Selon les sources officielles, il y aura suffisamment de réserves de pétrole, à tel point qu’il y en aura encore lorsque nous n’en auront plus besoin (quand les nouvelles énergies l’auront remplacé). Pour illustrer ce propos, je cite alors Sheikh Ahmed Zaki Yamani, l’ancien ministre du pétrole Saoudien (de 1962 à 1986) : “L’âge de pierre n’a pas prit fin par manque de pierre”.

Le choc pétrolier de 1973 a provoqué une baisse de la consommation de pétrole pour ces pays, c’est-à-dire que l’on a moins besoin de pétrole pour les activités industrielles, tandis que le gaz et le nucléaire ce sont substitués au pétrole pour la production d’électricité (notamment en France et au Japon).

Dans les pays industrialisés, 5% du pétrole est utilisé pour fabriquer de l’électricité, tandis que 54% sont utilisés pour les transports. C’est donc bien pour les transports que demeure la véritable dépendance énergétique par rapport au pétrole.

Voilà pourquoi de plus en plus de gouvernements offrent une fiscalité avantageuses aux véhicules hybrides fonctionnant au bio-diesel ou autre carburant de type “bio” et que les compagnies pétrolières tendent à se diversifier dans cette voie afin de satisfaire les-dits engagements du protocole de Kyoto. Certains pays sont précurseurs en la matière, surtout le Brésil ; mais cela tend à se généraliser.

Les pays consommateurs :

Côté consommation, ce sont bien entendus les pays faisant partie de l’OCDE. La majorité de l’OCDE est fidèle à une politique de décroissance lente, en opposition avec la Chine, dont le secteur des transports continue de tirer la consommation vers le haut. La Chine manque d’infrastructures, particulièrement ferroviaires, et une partie importante du transport est assurée par la route : la consommation de fioul accompagne sa performance industrielle. À force de courir sur de fausses pistes, comme celle de l’hydrogène, les États-Unis n’ont en fait aucun objectif clair en termes de consommation énergétique. Notons que la Chine devrait consommer 20% de la production du pétrole mondial en 2020.

Chiffres à échelle mondiale :

consommation pays petrole

consommation petrole monde

Evolution des approvisionnements :

En 1973, le moyen orient est le principal fournisseur des consommateurs que sont les USA, l’Europe occidentale et le Japon. Aujourd’hui, le flux Moyen-Orient – Asie s’est amplifié vers la Chine et l’Asie du Sud-Est qui ont connu un important développement économique ces deux dernières décennies. Le flux Moyen-Orient – USA a légèrement diminué qui s’approvisionne de plus en plus en Afrique de l’Ouest et chez ses voisins, tels que le Venezuela, le Mexique et bien sûr le Canada. L’Europe est elle aussi moins dépendante du Moyen-Orient ; en effet elle a diversifié ses fournisseurs en important du pétrole de la Libye, de l’Algérie, en Russie et bien sûr en Mer du Nord (Norvège notamment). Le Japon quant à lui reste très dépendant du Moyen-Orient, mais il s’est somme toute aussi tourné depuis vers l’Indonésie et la Malaisie, et aussi à la Sibérie. Quant à la Chine, elle suit activement la voie de la diversification. Elle a en effet acheté des gisements, notamment au Kazakhstan et s’alimente aussi en Sibérie.

gisements petrole terre mer onshore offshore

Sécurité de l’approvisionnement :

exemple : Etats-Unis / Arabie Saoudite.

C’est dans le Hassa, le long du golfe persique, que se trouve l’essentiel des gisements saoudiens.

L’Arabie Saoudite a contracté dès 1951 une alliance stratégique avec les Etats-Unis. Pour les Etats-Unis, cette alliance est à la fois une stratégie politique et économique.

Politique car l’Arabie Saoudite (dirigée par la dynastie des Saoud) est vue comme un facteur de stabilité dans la région du golfe persique ; celle-ci étant gardienne de la Mecque et de Medine, les deux plus grands lieux saint des musulmans.

Economique car l’Arabie Saoudite détient 25% des réserves mondiales de pétrole. Elle est le principal membre de l’OPEP ; elle peut ajuster l’offre à la demande plus rapidement que n’importe quel autre pays et la compagnie nationale, Saoudi Aramco, contrôle totalement la production et la distribution.

Il faut savoir que le coût d’exploitation du pétrole Texan et d’Alaska est beaucoup plus élevé que celui de l’Arabie Saoudite. Les USA on donc tout intérêt a garder l’Arabie Saoudite en tant qu’alliée.

Cette alliance Arabie Saoudite / Etats-Unis est fort critiqué depuis le 11 septembre 2001. La proximité avec le régime taliban des Etats-Unis dès 1996 correspondait évidemment à des calculs énergétiques ; et ce donc bien avant les attentats en Amérique par les dits Talibans. D’où l’évidente guerre en Afghanistan en 2003.

Des IOC aux NOC :

Les Compagnies Nationales (NOC) étaient autrefois regardées avec un sourire condescendant par les IOC, elles étaient surtout là pour “compter les barils” ; tout cela a bien changé, et Aramco fait partie des géants non seulement sur le plan des réserves, mais aussi sur le plan technologique et logistique. Petrobras vient de faire une série de découvertes impressionnantes au large du Brésil, dans des conditions de forage extrêmes pour notre époque. Ainsi, même la technologie n’est plus l’apanage des anciennes puissances.

En 2008, les trois principaux importateurs mondiaux de pétrole sont les Etats-Unis, la Chine (importateur net depuis 1996 et deuxième consommateur mondial depuis le deuxième trimestre 2003) et le Japon (deuxième consommateur jusqu’en 2003). La Chine notamment voit ses importations croître de 9 % par an, et consomme déjà 20 % de l’énergie des pays de l’OCDE. Pratiquement jamais citée dans le domaine pétrolier au cours du XXe siècle, elle est en 2009 loin devant tous les autres pays du monde en termes d’accélération de sa demande pétrolière.

Le tableau ci-contre montre les consommations et productions pétrolières (millions de barils par jour, 2008) des pays classés par dépenses militaires (en milliards de dollars, en 2009).

Sous cet angle, la puissance des États-Unis paraît écrasante : avec des dépenses militaires supérieures à la somme des six suivants, qui eux-mêmes appartiennent à des familles géopolitiques très distinctes, ce pays a les moyens de ses ambitions, quelles qu’elles soient.

consommation production petrole depenses militaires

Etats-Unis : hyperpuissance sur la défensive

Quand il apparut que 15 des 19 terroristes ayant perpétré les attentats du 11 septembre 2001, ainsi que leur instigateur présumé, étaient des citoyens saoudiens, il fut clair que la longue et fructueuse relation prenait une tournure bien différente. Avec retard, les États-Unis prennent la décision d’évacuer leurs bases d’Arabie saoudite. C’est également avec retard que les États-Unis tentent de s’opposer à l’irruption de la Chine sur le théâtre africain, avec la création de l’Africom en 2007 ; ils peinent à trouver une fin efficace aux occupations coûteuses en Afghanistan et en Irak, ainsi qu’une nouvelle représentation géopolitique. Sur au moins deux fronts, les relations avec la Chine, et la maîtrise de l’économie, l’hyperpuissance manifeste un embarras inhabituel.

En mai 2005, la Chinese National Offshore Oil Company (CNOOC) fait une offre de rachat sur Unocal, supérieure à celle de Texaco. Les États-Unis prennent toutes sortes de mesures dilatoires, y compris voter une mesure obligeant à un délai de quatre mois pour autoriser la prise de décision. En août, CNOOC abandonne et Texaco s’empare d’Unocal, pour un prix inférieur à la dernière offre de CNOOC. Si cette affaire est vécue comme un échec pour CNOOC, elle montre la montée en puissance, économique et politique, de la Chine, et les États-Unis contraints à des méthodes éloignées du libéralisme.

Jusqu’en 1971, ce qui était bon pour les compagnies pétrolières était bon pour les États-Unis et ce qui était bon pour les États-Unis était bon pour l’OCDE.

À partir de 1973, l’OCDE commence à se démarquer, à la fois sur un plan politique (neutralité au Moyen-Orient) et sociétal (recherche d’une moindre consommation de pétrole).

À partir de 2001, les États-Unis payent un prix de plus en plus élevé pour leur domination pétrolière, et même George W. Bush se plaint de la dépendance de son pays au pétrole (“The USA is addicted to oil”).

La Chine au rendez-vous de l’histoire :

Alors qu’elle exportait du pétrole, la Chine est devenue depuis 1992 importatrice nette, et sa consommation augmente de 15 % par an depuis 2001. Elle est devenue le deuxième consommateur mondial, son PIB croît en moyenne de 10 % par an depuis l’an 1980. Elle est également le premier marché mondial pour l’automobile. La Chine, dernière venue sur le théâtre d’opérations, et privée de moyens militaires bruts, agit essentiellement par la diplomatie et les relations bilatérales, avec des succès de plus en plus visibles : les rachats de certaines sociétés de pétrole kazakhs sont des réussites à potentiel évident.

Chine pib china gdp

L’affrontement au Soudan entre les États-Unis et la Chine est indicatif : la Chine s’y installe dans des conditions difficiles, et les États-Unis ne peuvent que lancer une campagne médiatique sans pouvoir s’y opposer sur le terrain. Fin 2009, la Chine porte le fer au Nigeria ; le sujet est bien plus grave, car le Nigeria est le premier producteur africain et le troisième fournisseur des États-Unis.

L’offre chinoise commence à 30 milliards de dollars pour 49 % de champs actuellement exploités par Shell, Chevron et Exxon Mobil.

La Chine a signé en 2009 une série d’accords commerciaux avec la Birmanie ; elle va construire un oléoduc qui reliera le Yunnan à la côte occidentale de la Birmanie. L’oléoduc sera alimenté par le pétrole du moyen-orient, ce qui court-circuite le détroit de Malacca et désenclave le Yunnan.

L’appétit de la Chine ne se limite pas au pétrole : considérée comme “l’usine du monde”, son besoin de matières premières de toutes sortes est général.

La Chine dispose de la plus grande réserve en dollars de l’histoire : plus de 2 000 milliards de dollars en 2009. Avec un dollar historiquement faible, ce stock devient une arme à double tranchant.

La Chine, de plus en plus considérée comme un partenaire industriel et financier viable, envisage de diversifier l’usage de ses devises, avec la création d’un fonds souverain, mais aussi l’utilisation d’autres monnaies de réserve.

L’affrontement Chine-USA, que l’on annonce depuis des décennies, se dessine en ce moment même, avec une opposition frappante entre le déficit régulier des États-Unis (60% du PIB), et le surplus quasi structurel de la Chine qui le finance en grande partie. Le PIB de la Chine croît beaucoup plus vite que le reste du monde, il représentait 13 % du PIB américain en 2000, pour 28 % en 2009.

Alors que le poids économique s’est depuis longtemps déplacé vers l’hémisphère est, ce dernier commence à exister sur le plan géopolitique, avec la création de l’Organisation de Coopérative de Shanghai (OCS) en 2001.

La Chine profite des relations houleuses que les États-Unis entretiennent avec certains pays, et l’Iran a annoncé son souhait d’entrer dans ce cercle. En 2010, la Chine profite des inquiétudes légitimes éprouvées par les sociétés occidentales vis-à-vis de la lourde empreinte écologique liée à l’exploitation des sables bitumineux du Canada, pour s’installer en Amérique du Nord ; le gouvernement canadien approuve deux projets d’un montant de 1,9 milliard de dollars canadiens, dans lesquels PetroChina prend la majorité, et annonce que d’autres projets sont en cours ; le Canada est en 2010 l’un des deux premiers fournisseurs de pétrole des États-Unis.

USA China deficit

Organismes environnementaux :

Depuis quelques années, nous voyons apparaître des organismes qui cherchent à enrayer le marché, à savoir ceux qui se préoccupent des questions environnementales et ceux des évolutions technologiques.

Enfin la volonté récente de certains fabricants d’automobiles de promouvoir les véhicules électriques laisse envisager également le découplage entre les compagnies pétrolières et les constructeurs.


Pollution due au pétrole :

La pollution due au pétrole est désormais un facteur géopolitique ; en effet, nombre de populations autochtones font front contre les Majors pour empêcher la construction d’infrastructures, ou, lorsque celles-ci sont déjà présentes, elles commettent des actes de piraterie, ce qui entraîne nombre de conflits, aussi bien diplomatiques que civils.

De plus, la montée en force du lobby environnemental est vu d’un mauvais oeil par les pays émergents qui ont largement besoin de pétrole, la Chine en tête de file, pour assurer leurs développements et donc par la même leur compétitivité à l’échelle internationale.

Observons les questions de pollution au stade de l’exploration, de l exploitation, du transport et de la consommation.

Pollution lors de l’extraction :

L’extraction du pétrole peut menacer l’environnement. C’est le cas dans la zone arctique.

pollution extraction arctique drilling artic area zone

Au Nigeria, on a constaté que l’exploitation dans le delta du Niger polluait les terres cultivées par les paysans. Dans le Golfe de Guinée, les démantèlements des plateformes pétrolières en offshore ne seraient pas effectuées selon les normes environnementales.

Pollution lors du transport :

Les transports d’hydrocarbures sont un risque réel sur l’environnement.

Qu’il s’agisse d’oléoducs qui peuvent polluer les sols et les nappes phréatiques par fuite dues à un défaut d’entretien (c’est le cas notamment en Sibérie).

transport pipelines oleoducs world monde

Ou bien du transport par mer :

Le pétrole représente 40% du trafic mondial des marchandises et les marées noires sont fréquentes.

slick slicks marees noires world monde

Sans parler des dégazages en pleine mer (qui sont en diminution mais qui demeurent tout de même).

Pollution due à la consommation :

Le pétrole est responsable de 40% des émissions de CO2 industrielles dans le monde.

Malgré tout, les projections démontrent que la demande de pétrole ne décroitrera pas avant au moins 2030. Dues aux demandes des pays industrialisés et surtout émergents.

Evolutions technologiques :

Les grandes compagnies pétrolières diversifient leurs activités et investissent dans les énergies renouvelables, comme la Royal Dutch Shell dans l’éolien. Cette énergie séduit aussi d autres pays, comme l’Egypte, dont une partie de l’électricité du Caire est produite grâce a des éoliennes situées au bord de la mer rouge.

Nous pourrions aussi évoquer la pile à hydrogène, les usines marées motrices ou encore la filière charbon propre, les bio-carburants comme l’éthanol (leur coût de production étant pourtant supérieur à celui du pétrole), etc.

Un article plus détaillé sur les énergies renouvelables et sur les gaz à effets de serre et le réchauffement climatique est disponible dans le menu principal des énergies.

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