Amérique du Sud

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Introduction à la géographie du pétrole sud américain.

  1. Venezuela
    1. Situation économique
    2. PDVSA
    3. Zones d’exploitation pétrolières
    4. Croissance économique
    5. La ceinture de l’Orénoque
    6. Premières réserves mondiales
    7. Politique, facteur d’instabilité
  2. Brésil
    1. Histoire
    2. Diversification
    3. Bassin de Campos
    4. Gisements de Tupi et d’Iara
    5. Le gisement de Carioca
    6. Politique de redistribution des profits
    7. Réserves
    8. Petrobras
    9. Perspective
  3. Argentine
    1. Production
    2. Conflit des Iles Malouines
    3. Futur
  4. Colombie
    1. Histoire
    2. Exploitation étrangère du pétrole colombien
    3. Nouvelles mesures économiques
    4. Reprise des investissements directs étrangers
  5. Equateur
    1. Chiffres
    2. Zones pétrolifères
    3. Production
    4. Préservation de la biodiversité


Venezuela

Situation économique :

Le Venezuela dispose des premières réserves de pétrole au monde, avec 290,1 milliards de barils de pétrole prouvés. Il est également le 1er pays producteur de pétrole en Amérique du Sud, le 8eme exportateur de pétrole au monde et le 4eme fournisseur des Etats-Unis.

La principale activité économique du pays est l’exploitation et le raffinage du pétrole pour l’exportation et la consommation intérieure. Le secteur pétrolier domine l’économie avec à peu près un tiers du PIB (85 % des bénéfices à l’exportation et 43% des revenus du gouvernement) ce qui démontre que le pays a su se structurer et n’est pas totalement dépendant de ses ressources pétrolières contrairement à la plupart des autres principaux pays producteurs de pétrole.

PDVSA :

Au Venezuela, le pétrole est traité par la société pétrolière nationale Petroleos de Venezuela S.A. (PDVSA) depuis 1975.

pdvsa venezuela oil company

Son exploitation officielle commence dès 1875 dans l’État de Táchira. À partir de 1922 commence l’exploitation pétrolière à grande échelle, déclenchant bien des évènements qui changeront la marche du pays. PDVSA détient 60% des projets menés par Petroleum PLC, Exxon Mobil, Chevron, ConocoPhillips, Total et Statoil.

Le Venezuela est la troisième puissance économique latino-américaine en terme de PIB, après le Brésil et le Mexique, avec un PIB estimé de 350,1 milliards de dollars en 2009.

Dans ce pays pétrolier, un plein de carburant coûte moins d’un euro. Grâce aux exportations de pétrole, les caisses de l’État sont pleines et le pouvoir d’achat vénézuélien est largement plus élevé que dans la plupart des autres pays sud-américains.

Le taux de croissance du PIB du Venezuela est de l’ordre de 5% mais connait un fort taux d’inflation.

Le 8 janvier 2010, le bolívar est dévalué pour lutter contre l’inflation et un double taux de change est institué avec le dollar pour favoriser l’industrie locale.

Zones d’exploitation pétrolières :

L’exploitation pétrolière se situe dans le nord-ouest du pays. Le “Bolivar Coastal” est un assemblage (ou “complexe”) de gisements. Il est la principale réserve de pétrole conventionnel du Venezuela. Il se situe dans et autour du Lac Maracaibo.

Le premier gisement, Cabimas, fut découvert en 1917. Les trois plus grands, Lagunillas, Tia Juana et Bachaquero furent respectivement découverts en 1926, 1928 et 1930. Le pétrole y est très lourd et de mauvaise qualité selon les normes internationales.

venezuela oil deposits gisements petrole

Croissance économique:

Découvert au XIXe siècle, le pétrole va peu à peu devenir le poumon économique du pays. Il est d’abord exploité par des compagnies britanniques, hollandaises et américaines ; il ne commencera à profiter au budget de l’état vénézuélien qu’à partir de 1946 lorsque le pays fixe avec les compagnies sa part des bénéfices, et surtout en 1975 avec la nationalisation du secteur et la création de la compagnie nationale Petroleos de Venezuela. D’autres gisements sont alors découverts dans le nord du pays.

venezuela orinoco belt ceinture orenoque

Cela a donc favorisé la construction du pays. Ainsi, le taux de croissance est de 7% par an entre 1930 et 1980. Les inégalités sociales demeurent, mais elles sont moins marquées que dans tout autres Etats d’Amérique Latine. Lors du troisième choc pétrolier, son taux de croissance fut l’un des plus élevés au monde en 2004, à hauteur de 17%.

Le Venezuela détient 7% des réserves mondiales de pétrole, et c’est les des principaux fournisseurs des Etats-Unis. Des réserves ont été découvertes en 2006 dans la ceinture de l’Orénoque (le Venezuela possèderait alors plus de 60% des réserves de l’Amérique Latine).

La ceinture de l’Orénoque :

On appelle Ceinture de l’Orénoque une zone géographique en forme de ceinture est-ouest, située dans le nord du bassin de l’Orénoque vénézuélien. Sa surface est de 55 314 kilomètres carrés. Elle s’étend sur le territoire des États d’Anzoategui, de Monagas et de Guarico.

orinoco belt ceinture orenoque petrole oil field

Fin 2009, des estimations américaines faisaient état de 1 360 milliards de barils de pétrole contenus dans le sous-sol du pays, dont 513 milliards techniquement exploitables (un peu plus de 70 milliards de tonnes), soit plus du tiers des réserves de pétrole de la planète.

Premières réserves mondiales :

En date du 18 mars 2010, Prensa Latina annonçait que les réserves prouvées et certifiées de pétrole atteignaient 211,173 milliards de barils, assurant d’ores et déjà au Venezuela la seconde place mondiale – soit encore 52,827 milliards de moins que les réserves annoncées par l’Arabie Saoudite. Le pays finit par atteindre 296,5 milliards de barils de réserves prouvées en 2011 et se positionne à la première place mondiale. Il envisage de dépasser les 310 milliards en 2013.

Le Venezuela prévoit de produire en 2013 quelques 5 millions de barils par jour, tous types de qualités confondus.

Rappelons que c’est à l’initiative du Venezuela que l’OPEP fut créée.

opep venezuela opec

Politique, facteur d’instabilité :

Par ailleurs, comme nous le savons, ce pays est considéré comme instable politiquement dû à son régime politique, dirigé par Hugo Chavez depuis 1998, qui a une relation ambigüe avec les Etats-Unis. En effet, comme nous le savons, il se dit être un combattant révolutionnaire contre l’impérialisme des Etats-Unis, tout en leur fournissant du pétrole. Il se rapproche d’ailleurs des ennemis des Etats-Unis, à savoir Fidel Castro, en proposant de lui fournir un tiers de la consommation pétrolière de Cuba à un prix avantageux. Il a visité Saddam Hussein en Irak, le Général Kadhafi en Libye, et plus récemment, Mahmoud Ahmadinejad en Iran.


Brésil

Le Brésil est le deuxième producteur de pétrole d’Amérique Latine derrière le Venezuela.

Histoire :

L’histoire du pétrole brésilien n’est pas récente : la première découverte de gisement date de 1939. Le sol brésilien n’ayant que des réserves modestes d’or noir, Petrobras, l’entreprise pétrolière d’état du Brésil, s’est rapprochée des bassins côtiers où les découvertes ont été plus importantes que dans les exploitations onshore. Encouragée par ses découvertes, Petrobras s’est tournée vers les eaux profondes, ce qui s’avéra être un choix judicieux compte tenu des gisements exploités par la suite. Les premières découvertes offshore au Brésil furent les gisements de Guaricema dans le bassin de Sergipe en 1968, et Ubarana dans le bassin de Potiguar en 1973.

Le Brésil s’est ensuite intéressé aux bassins de Campos et Santos, qui ont été le fer de lance de sa production pétrolière. Les projets de la compagnie d’état Petrobras sont multiples dans le bassin de Campos. Ils ont permis au Brésil de devenir un pionnier dans l’exploitation en eaux profondes. Les gisements découverts dans le bassin de Campos jusqu’en 1996 (Albacora Leste, Marlim Leste, Marlim Sul, Barracuda et Roncador) ont des réserves estimées à plus de 8 milliards de barils cumulés.

En avril 2006, l’exploitation de ces gisements a permit au Brésil de subvenir totalement à ses besoins pétroliers avec 1,93 millions de barils de brut produits par jour.

Il est à noter que cette production, équivalente à celle du Koweït, est une véritable performance pour un pays émergent de 190 millions d’habitants qui était historiquement un grand importateur ; en effet, en 1979, le Brésil importait encore 80% de son pétrole qui représentait alors 50% du total de ses importations.

Diversification :

Fort de son expérience en exploitation pétrolière et dans un souci de diversifier ses ressources énergétiques tout en réduisant ses émissions de CO2, le Brésil a su profiter de ses matières premières pour développer sa filière de biocarburants. C’est en effet le 1er producteur au monde d’éthanol avec plus de 20 milliards de litres produits par an et le 2ème exportateur mondial. Il ambitionne d’accroître sa production pour atteindre 35 milliards de litres annuels en 2015.

Bassin de Campos :

Le premier bassin commercialement exploitable, le bassin de Campos, renferme encore quelques gisements prometteurs : les gisements de Jubarte, Cachalote, et Papa-terra, découverts entre 2001 et 2005, ont des réserves estimées à 1,65 milliards de barils. L’exploitation de ces gisements va permettre au Brésil de conforter sa production pétrolière sous peu.

Les gisements de Tupi et d’Iara :

En novembre 2007, les gisements offshore de Tupi et Iara ont été découverts au large de Rio de Janeiro dans le bassin de Santos. Leurs réserves sont estimées officiellement à 8 milliards de barils de brut léger pour le gisement de Tupi, et 4 milliards pour celui d’Iara.

santos campos basin brazil bresil

Le gisement de Tupi, découvert au large des côtes de Rio de Janeiro (est et sud-est du pays), recèle de réserves ainsi estimées à 8 milliards de barils de pétrole. Soit 40% des réserves du pays. Le gisement se situe sous 2 140 mètres d’eau, 3 000 mètres de sable et de rochers, ainsi que sous 2 000 mètres de sel. Le forage sous-marin à travers cette épaisse couche de sel est une première pour Petrobras. Avec 1 milliard de dollars d’investissement ces dernières années, 15 puits ont été forés pour atteindre cette couche. Ces puits produisent à ce jour une huile légère (28° API) à haute valeur commerciale et une grande quantité de gaz naturel associé. Les données obtenues à partir de ces puits permettent d’évaluer la surface du gisement : il s’étend de l’Etat d’Espirito Santo à l’Etat de Santa Catarina sur 800 km de long et 200 de large, sous des profondeurs d’eau comprises entre 2 000 et 3 000 m. Selon le gouvernement, ce gisement permettrait au Brésil de prendre sa place parmi les premiers exportateurs mondiaux, au niveau du Venezuela. Le capital de Petrobras est détenu à hauteur de 32% par l’Etat brésilien, qui possède également 55,7% du capital avec droit de vote, assurant le contrôle du Groupe.

L’exploitation de ces derniers augmenterait les réserves de pétrole du Brésil de 50% et le placerait dans les 10 premières réserves de pétrole mondiales, à comparer avec sa 16ème place actuelle. Celle-ci est prévue pour 2011.

Le gisement de Carioca :

En avril 2008, le gisement de Carioca a été découvert dans ce même bassin de Santos. Il contiendrait non officiellement 33 milliards de barils à 6 km de profondeur sous une couche de sel. Si ces estimations se confirment, il s’agirait du 3ème plus grand gisement au monde. Toutefois, le forage en eaux profondes, voire ultra-profondes, dans le sable et la roche est long et coûteux. De ce fait les gisements ne pourraient être exploités que dans 10 ans. C’est pourquoi Petrobras a annoncé en février dernier des investissements de 92 milliards de dollars d’ici 2013, dont 29 milliards pour l’exploitation des gisements découverts fin 2007, les bassins de Tupi et Iara. Notons que les gisements du bassin de Campos seront en déclin avant que les gisements du bassin de Santos ne produisent en masse.

carioca offshore oil brazil bresil

Les investissements prévus exigent d’énormes ressources financières sur le long terme, qu’il va falloir trouver rapidement. D’après l’ONIP (Organisation Nationale de l’Industrie Pétrolière au Brésil), la région du pré-sel nécessitera, à elle seule, approximativement US$ 260 milliards durant la période 2011-2015. De ce total, US$ 224 milliards devraient être apportés par Petrobras, tandis que la différence viendrait d’autres compagnies nationales et étrangères.

Politique de redistribution des profits :

Par ailleurs, le gouvernement brésilien de centre gauche du président Lula étudie un nouveau mode de répartition des profits pétroliers, qui vise à investir dans l’éducation et à lutter contre la pauvreté. A titre d’illustration, le montant des royalties payées par les entreprises privées, essentiellement étrangères, a atteint 3,2 milliards d’euros en 2007. La commission ministérielle étudie 2 possibilités : relever cet impôt ou instaurer un régime de partage de la production entre l’état et le secteur privé. En effet, l’état ne pourra pas assumer seul le coût de l’exploitation de ces gisements (estimé à 600 milliards de dollars) et devra trouver un juste milieu pour ne pas faire fuir les entreprises privées tout en améliorant la répartition des profits en sa faveur.

Les défis qui attendent le Brésil sont multiples : répartir les rentes pétrolières au profit de l’ensemble de la population, assurer une stabilité régionale et un lien étroit avec les grands pays consommateurs tout en poursuivant une politique de diversification des ressources et des investissements pour l’exploitation. Inversement, le Brésil s’annonce comme un partenaire politique et économique de plus en plus influent pour les années à venir.

Réserves :

Dans les statistiques officielles de 2010, le Brésil détient plus de 13,2 milliards de barils de pétrole (réserves officiellement prouvées pour le moment en attendant la prise en compte dans les statistiques des réserves prouvées des gisements de Tupi et d’Iara ainsi que les expertises du gisement pré-salé de Carioca ; le chiffre des réserves prouvées devrait exploser en 2012), soit 1% des réserves mondiales, et ce, principalement dans des réserves offshores. J’insiste bien sur le fait que cette donnée n’est que temporaire.

bresil offshore deposit brazil gisements petroliferes

Petrobras :

En juillet 2010, la production moyenne de pétrole brut au Brésil a franchi le cap de 2,1 millions de barils par jour (mmb/j), dont approximativement 98,5% produits par Petrobras.

Petrobras estime que sa production totale de pétrole et gaz naturel devrait atteindre 3,2 mmbep/j en 2014.

petrobras oil company brazil

En septembre 2010, pendant le processus de capitalisation, Petrobras a communiqué les grandes lignes de son Plan d’Affaires 2010-2014 qui dévoile les cibles de production et les principales stratégies corporatives. A partir de 2014, les ressources du pré-sel représenteront le grand vecteur de croissance de la production pétrolière brésilienne.

Perspective :

Selon l’AIE, le Brésil serait un exportateur marginal de pétrole brut sur la période de référence 2004-2030, puis retrouver un équilibre entre la production domestique et la demande (cela est sans compter le méga-gisement de Carioca).

Le Brésil, devenu exportateur excédentaire depuis 2006 pourrait bientôt faire partie de l’OPEP (l’ambassadeur d’Iran en a déjà fait officiellement l’invitation en octobre 2008, une nouvelle preuve de l’importance du rôle du Brésil sur la scène mondiale).


Argentine

Production :

L’Argentine est un producteur moyen, qui a atteint son pic à 920 kbbls/j en 1997 pour tomber à 763 kbbls/j en 2005 (dont 660 de brut) et continuent de chuter. Les deux principaux bassins pétroliers (environ 45 % de la production chacun) sont Neuquén, dans le centre-ouest du pays, une plateforme qui possède des roches sources datant du jurassique, et San Jorge, sur la côte, dont les sources sont des dépôts lacustres du crétacé. Ces deux bassins, caractérisés par un grand nombre de petits gisements, sont matures. Le pays a longtemps été un exportateur significatif de pétrole, mais les exportations sont tombées à environ 50 kbbls/j en 2006 et la balance tend à s’inverser.

Le bassin d’Austral, à la pointe sud, dont le Chili détient une petite partie, et la fraction argentine de celui de Santa Cruz-Tarija ont des réserves de pétrole bien moindre.

Conflit des Iles Malouines :

Dans les eaux territoriales des îles Malouines (Falkland Island – United Kingdom), situées à l’est de la terre de feu, des indices géologiques ont révélé la présence de pétrole offshore. La découverte d’un gigantesque gisement qui représenterait 13 milliards de barils de pétrole brut (estimations non confirmées).

petrole malouines oil falkland islands

Or, ces îles sont britanniques. Elles ont été colonisées au XVIIe siècle par l’Angleterre. Elles ont été revendiquées par Buenos Aires et ont été à l’origine d’une guerre en 1982. Ainsi, l’exploitation de pétrole a réveillé les tensions entre Argentins et Britanniques en 2012.

Futur :

Avec la demande croissante énergétique mondiale, le continent sud Américain est entrain d’émerger comme un marché de première importance. Il représente 15% de la production mondiale de pétrole. En 2011, le Mexique est le 7eme producteur mondial de pétrole et le Venezuela est le 11eme.

A noter que le montant des importations Chinoises de pétrole ont été multipliées par 15 depuis 2001. Beijing a passé des accords commerciaux énergétiques avec divers pays d’Amérique Latine ; avec le Venezuela (accords de libre-échanges en 2005 et contrats de prospections en offshore en 2005 entre la compagnie Chinoise Sinotec et la compagnie nationale Vénézuélienne). La compagnie chinoise CNPC a également remporté un droit de prospection en Equateur et des permis de forage aux Mexique (faisant pourtant partie de l’Alena). La Chine est devenue le deuxième importateur de pétrole de l’Amérique Latine (derrière les Etats-Unis).

Une nouvelle guerre ne risque pas de se produire étant donné la différence entre les estimations des capacités en pétrole des sous-sols des îles Malouines et leur réalité, car, après quelques forages, les résultats obtenus ne sont que de quelques centaines de millions de barils. De plus, l’Angleterre à toute légitimité sur cette île et la différence de capacité militaire inter-Etats est considérable.


Colombie

Histoire :

Les premières découvertes importantes de pétrole en Colombie se firent dans la fin des années 1980 avec la découverte des deux plus gros champs du pays : Cusiana et Cupiagua, situés dans le département oriental de Casanare, en 1988 et 1991. Ils ont permis à la Colombie d’être autosuffisante en pétrole durant la dernière décennie du second millénaire. Les deux puits produisent actuellement 150 000 barils par jour, soit un cinquième de la production de Colombie.

La plupart des gisements se trouvent à l’est du pays, à la frontière vénézuélienne.

colombie petrole oil columbia map plan

L’exploitation du pétrole colombien par les multinationales :

En 1997, un tiers de tout le pétrole colombien a été produit par BP dans la région de Casanare. En 1998, les multinationales du pétrole ont extrait tout le pétrole produit en Colombie, BP étant au premier rang. En 1988, Ecopetrol (la compagnie nationale Colombienne) explorait 3.245 miles carrés du territoire, mais en 1996 ce chiffre descendait à 621 et en 1997 à zéro. Graduellement, le nombre de puits d’Ecopetrol est passé de 216 en 1986 à seulement 2 aujourd’hui.

Cette situation a engendré des actes de vandalisme (explosions) contre les oléoducs des multinationales (950 entre 1980 et 2000) par les FARCS, ainsi que l’enlèvement de plusieurs responsables de l’industrie pétrolière. Cela eut pour conséquence l’intervention de forces armées (3000 soldats) de la part du gouvernement colombien (sous l’impulsion du président Alvaro Uribe, avec le soutien des Etats-Unis) afin de protéger les investissements de leurs partenaires occidentaux.

La plupart des gains d’Ecopetrol dépendaient directement de son association avec British Petroleum (BP).

De nos jours, les contrats n’ont pas été reconduits. Dans le passé, Ecopétrol devait conclure des alliances mais elle dispose aujourd’hui d’une plus grande indépendance ; depuis sa récente privatisation, la compagnie nationale disposant de 2,5 milliards de dollars de ressources nouvelles.

Nouvelles mesures économiques :

Juan Manuel Santos, l’actuel président colombien (élu en juin 2010) a pour objectif principal le développement de la production pétrolière.

Les réserves du pays sont actuellement estimées à 1,9 milliards de barils. La production est passée de 600.000 barils par jour en 2005 à près de 800.000 en 2010. La production devrait atteindre 1,2 millions de barils par jour en 2012 puis atteindre 1,5 million en 2015.

evolution petrole colombie production chart columbia

Regain d’investissements directs étrangers :

Les compagnies étrangères sont très présentes dans cette activité avec un investissement de 3 milliards de dollars en 2009.

Notons que les réserves du pays sont clairement sous-évaluées, avec des vastes zones inexplorées, surtout dans les régions très riches voisines du Venezuela. Le plus gros champs d’exploration, les Rubiales, contiendrait encore 500 millions de barils. Ces zones inexplorées attirent de plus en plus les investisseurs étrangers. En dix ans, les flux d’IDE (Investissements Directs à l’Etranger) vers la Colombie ont fait un grand bond pour atteindre 7,2 milliards de dollars en 2009. En 2010, les autorités revendiquent déjà 3,5 milliards de dollars d’investissements.

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La Colombie exporte l’essentiel de sa production vers les Etats-Unis.

Les hydrocarbures représentent déjà plus de 40% des exportations du pays.


Equateur

Chiffres :

L’Equateur est un producteur moyen (530 kbbls/j de brut) disposant de vastes réserves (près de 5 Gbbls), même s’il s’agit presque uniquement de pétrole lourd (20-25 °API) et chargé en soufre. Il a quitté l’OPEP en 1992 mais a réintégré l’organisation en 2007.

Zones pétrolifères :

L’Équateur dispose d’importantes réserves pétrolières, en particulier dans la partie amazonienne du pays. Au sud-ouest du pays, le bassin de Progreso, issu du delta de l’ancêtre de l’Amazone, offrit quelques gisements de pétrole, maintenant épuisés, au début du XXe siècle. À l’est du pays, dans l’Oriente, le bassin du Putumayo fournit presque toute la production, limitée par la capacité des deux oléoducs traversant les Andes. L’exploration du pays semble à peu près terminée et le taux de déplétion dépasse maintenant 4% par an.

Production :

La production du pays a été de 505 000 barils par jour en moyenne entre janvier et novembre 2008, 53% de cette production étant assurée par l’entreprise publique Petroecuador et le reste par différentes compagnies privées.

L’Équateur est le plus petit membre de l’OPEP.

Le pétrole représentait en 2009 63% des exportations du pays et 22% du PIB.

Le bilan financier entre l’extraction du pétrole et le coût engendré par les impacts sur la santé humaine et animale ainsi que sur l’écosystème serait négatif : le montant que rapporte le pétrole au pays ne suffit pas à couvrir le prix que nécessite la prévention des conséquences de son extraction.

Jusqu’alors, le pétrole ne serait pas rentable s’il était extrait “proprement” et de façon sûre pour la terre et ses habitants : il est du coup extrait par Texaco sans précaution ou presque. Gaia dit à ce propos qu’il y a « un véritable désastre écologique et sanitaire : entre 1972 et 1993, plus de 114 milliards de litres de pétrole se sont déversés dans la terre et les cours d’eau », soit l’équivalent de la pollution provoquée par le naufrage de l’Exxon Valdez déversé chaque année dans les fleuves et les forêts de l’Équateur.

Préservation de la biodiversité :

Comme dit précédemment, l’Equateur est très largement dépendant de ses exportations pétrolières, cependant, récemment, il a décidé de renoncer à l’exploitation de nouveaux gisements au profit de sa biodiversité située en pleine forêt Amazonienne dans le parc Yasuni.

Le parc Yasuni :

Le gisement est situé en pleine jungle Amazonienne, dans un vrai joyau de biodiversité. Des milliers d’indigènes y vivent. Notamment des milliers d’Indiens Huaorani : deux peuples indigènes : les Tagaeri et les Taromenane.

yasuni park columbia oil parc

En 2007, le gouvernement ainsi que divers mouvements sociaux du pays décident de laisser sous terre les 846 millions de barils de pétrole du parc amazonien Yasuni, ce petit pays andin est convaincu de montrer la voie en matière de lutte contre le réchauffement climatique et de protection de la biodiversité. A titre de compensation, Quito demande 3,6 milliards de dollars (2,7 millions d’euros) à la communauté internationale (soit la moitié de ce que lu aurait rapporté l’exploitation des gisements). Un accord devait être signé avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) pour la création du Fonds Yasuni ITT, du nom des trois gisements pétroliers : Ishpingo, Tiputini et Tambococha.

Le gisement pourrait produire 850 millions de barils par an, soit 1/5 des réserves du pays.

L’initiative à reçu un bon accueil de la part de la communauté internationale sans pour autant recevoir aucune compensation pécuniaire.

Le gouvernement se donne encore un an pour convaincre la communauté internationale du bien-fondé de son initiative et obtenir les 100 millions de dollars jugés nécessaires à la viabilité du projet. Lenin Moreno Garcés, Vice-président de l’Equateur, l’a annoncé devant les Nations-Unies le 27 septembre 2010 : « Si nous n’obtenons pas au moins 100 millions de dollars de compensation d’ici à la fin de 2011, nous serons obligés de lancer l’exploitation des réserves de pétrole que recèle le sous-sol du parc naturel Yasuni ».

La Bolivie et le Pérou sont également des exportateurs de pétrole mais dans une moindre mesure.

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