Moyen-orient

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Introduction à la géographie du pétrole au moyen-orient.

  1. Arabie saoudite
    1. Histoire
    2. Exploitation et transport
    3. Installations de transport et de traitement
    4. Saudi Aramco
    5. Prévisions de l’Aramco
    6. Futur
  2. Irak
    1. Histoire
    2. L’Affaire Pétrole contre nourriture
    3. Corruption
    4. Les principaux champs de pétrole irakiens
    5. Relance de l’activité, ventes aux enchères
    6. Futur
  3. Iran
    1. Histoire mouvementée
    2. NIOC et production iranienne
    3. Importateurs et partenaires commerciaux
    4. Bourse Iranienne du pétrole
    5. Tensions entre Riyadh et Teheran
    6. Futur
  4. Koweït
    1. Chiffres
    2. Champs de Burgan
    3. Kuwait Oil Company
    4. Guerre du Koweït
    5. Champs pétrolifères koweïtiens
  5. Emirats arabes unis
    1. Histoire
    2. Réserves et production
    3. Abu Dhabi National Oil Company
    4. Champs pétroliers majeurs
    5. Terminaux
    6. Dubaï Mercantile Exchange
    7. Dubaï International Financial Centre
  6. Qatar
    1. Chiffres
    2. De la prospection à la nationalisation
    3. Qatar petroleum Company
    4. Champs pétroliers
    5. Energy City Qatar
    6. Economie et futur
  7. Oman
    1. Histoire
    2. Petroleum Development Oman
    3. Yibal
    4. Chiffres


Arabie saoudite

Histoire :

L’industrie pétrolière de l’Arabie saoudite est issue des explorations des années 1930 qui permirent de découvrir les plus gros gisements de pétrole du monde. L’Arabie saoudite est actuellement le deuxième producteur mondial de pétrole (derrière la Russie), et détient la seconde plus grosse réserve mondiale, derrière le Venezuela, avec 264,6 milliards de barils.

Ainsi, jusque dans les années 1930, sous les sables immobiles de l’est arabique, reposaient, insoupçonnées, les plus grandes réserves mondiales de pétrole. En 1933, le roi, par l’intermédiaire de Saint John Philby, attribua à la SOCAL (Standard Oil of California) les droits exclusifs de prospection et d’exploitation du pétrole dans la région Est de l’Arabie, ainsi que des droits spéciaux dans d’autres régions du royaume et ce pour une durée de 60 ans, qui furent portées à 66 par la suite. Une nouvelle entité, la California Arabian Standard Oil Company (CASOC), détenue à 50% par la Socal (qui devint par la suite Chevron) et (à partir de 1937) à 50 % par la Texas Company (future Texaco), devint propriétaire de la concession en 1934. En 1944, la Casoc fut renommée Arabian American Oil Company, mondialement connue sous son acronyme d’Aramco. En 1948, la Standard Oil Company of New Jersey (qui prit par la suite le nom d’Esso puis celui d’Exxon) et la Socony-Vacuum Oil Company (l’ancêtre de Mobil) rejoignirent le capital de l’Aramco. Les quatre compagnies, toutes américaines, restèrent jusqu’en 1973 les chevilles ouvrières du développement pétrolier en Arabie saoudite.

En 1973, l’Arabie saoudite s’arrogea 25% des droits et des propriétés de l’Aramco. Cette réappropriation du patrimoine national conduisit le gouvernement à la prise de contrôle de l’Aramco dont elle acquit 60% en 1974, puis 100% en 1980. L’Aramco remplit aujourd’hui les fonctions d’opérateur pour la production du pays, et joue le rôle d’intermédiaire dans un certain nombre de projets de BTP ou d’ingénierie. La puissance de l’Aramco s’est accrue par la conduite d’opérations en aval de l’extraction, par exemple l’établissement en 1988 d’une co-entreprise avec Texaco destinée à raffiner, distribuer et commercialiser des produits dérivés du pétrole en orient et dans la région du Golfe des Etats-Unis.

La recherche de nouveaux gisements, qui se poursuit encore 55 ans après les premières découvertes, révéla rapidement que la Province de l’Est recelait des plus grands champs d’hydrocarbures au monde. Le premier segment de Ghawar, le plus vaste gisement du monde, fut découvert en 1948 ; il est donc situé en Arabie Saoudite, à environ 100 km de Dhahran. Ghawar s’étend sur une surface de 280 km de longueur et de 30 km de largeur. Le gisement appartient entièrement à la compagnie pétrolière Saoudienne Saudi Aramco.

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Ghawar, le plus grand champs pétrolier au monde :

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Safaniya, le plus grand gisement offshore, fut découvert en 1951.

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En 1991, 60 gisements exploitables avaient été mis au jour, dont 5 pour la seule année 1990. En 1989 et 1990, un total de 7 nouveaux gisements, d’un brut léger mais de qualité supérieure, ont été découverts au sud de Riyadh, au cœur d’une région située en dehors des réserves supposées d’hydrocarbures.

Exploitation et transport :

Le forage débuta en avril 1935 dans la région de Dammam Dome, le long de la côte du golfe Persique, mais le premier puits ne commença à produire qu’en mars 1938. Le premier baril embarqua en mai 1939 à Ras Tanura qui devint par la suite un des plus grands terminaux exportateurs de pétrole. En 1991, plus de 60 milliards de barils avaient été produits depuis 1938 rien que par l’Aramco, mais les réserves connues sont de 260,1 milliards de barils et susceptibles d’augmenter davantage à mesure que les gisements du sud du Nadj seront circonscrits. Les programmes d’expansion en cours prévoient une augmentation de la production à 10 millions de barils par jour.

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Seul opérateur pour la province de l’Est, l’Aramco n’a jamais eu besoin de forer et d’exploiter que le nombre optimum de puits. Seuls 850 puits sont utilisés pour couvrir une production allant jusqu’à 9 millions de barils par jour, ce qui représente une moyenne de 10 588 barils par jour chacun.

Installations de transport et de traitement :

La manipulation, le transport et le traitement des matières pétrolières requiert un réseau complexe d’installations. Celles-ci sont réparties dans tout l’Est arabique et reliées entre elles par plus de 21 000 km d’oléoducs. Chacune des 60 usines de séparation gaz-pétrole (Gas-Oil Separator Plants ou GOSPs) dessert plusieurs puits dans un rayon d’action considérable, par l’intermédiaire d’une maille dense d’oléoducs.

Les complexes stabilisateurs de Abqaiq et Juaymah adoucissent des flux de brut acide. À Ras Tanura, une raffinerie géante d’une capacité de 530 000 barils par jour, ouverte en 1941 et agrandie constamment depuis, traite une partie du brut avant son expédition. Ici opèrent des usines spécialisées dans les produits dérivés du pétrole (comme dans la ville nouvelle de Jubayl).

Le long des côtes, de Ras Tanura à Juaymah en passant par Yanbou, s’étendent de vastes terminaux d’exportation.

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De grandes raffineries ont également été construites à Jubayl (280 000 barils par jour) et à Yanbu (250 000 barils par jour pour l’export et 170 000 barils par jour réservés à la consommation domestique). Les raffineries de Riyad (134 000 barils par jour), de Jiddah (95 000 barils par jour), Rabigh (332 000 barils par jour) et de Khafji (30 000 barils par jour) portent à 8 le nombre total de raffineries en Arabie saoudite avec une capacité totale de 1,82 millions barils par jour.

Le long oléoduc Transarabique (Tapline) ouvert en 1951, nécessitant des réparations constantes, perdit toute rentabilité durant les années 1970 et devint peu à peu inexploitable ; il fut définitivement fermé en 1990. Néanmoins, les Saoudiens n’abandonnèrent jamais l’idée d’une issue à l’Ouest, cette fois non pas pour les exportations normales, mais à des fins stratégiques. Le détroit d’Ormuz, partagé entre Oman et l’Iran, étant un lieu de passage dangereux en cas de conflit entre les États du Golfe et la navigation dans le Golfe (présentant de réels dangers depuis la guerre Iran-Irak).

Oil and Gas Infrastructure Persian Gulf golfe persique petrole

Ces considérations stratégiques ont conduit durant les années 1980 à la construction, au prix de plusieurs milliards de dollars d’investissement, de trois vastes oléoducs joignant le port de Yanbu aux champs pétrolifères de l’Est. L’oléoduc de 1170 km de long et de 66 à 76 cm de diamètre, reliant l’Est à l’Ouest, fut mis en service en mars 1981 et transporte aujourd’hui 270 000 barils par jour (équivalent pétrole) ; de plus, l’oléoduc de brut d’un diamètre de 122 cm ouvert en juin 1981, ainsi que la voie d’évitement de 142 cm de diamètre qui lui fut adjointe en 1987 ; ils s’étendent tous deux sur 1200 km de long. L’adjonction de pompes hydrauliques et l’expansion des capacités de stockage à chaque extrémité de ce système de transport du brut lui confèrent aujourd’hui une capacité de l’ordre de 5 millions de barils par jour (dix fois le débit de la Tapline) et une capacité d’absorption de la moitié de la production de l’Aramco.

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Ces audacieux systèmes d’acheminement qui traversent la péninsule, nouveaux trans-sibériens de l’énergie, dotent l’Arabie saoudite d’une route domestique totalement sûre, qui l’affranchissent en grande partie des menaces de blocus.

Les Saoudiens restent néanmoins sujets à une interdiction de leurs exportations depuis Yanbu si les deux détroits (Canal de Suez et Chatt-el-Arab) de la mer Rouge leurs sont interdits.

Soulignons par ailleurs que l’Arabie saoudite fut un des membres fondateurs de l’OPEP et de l’OPAEP, et a joué un rôle de premier plan dans l’OPEP depuis ses tout débuts. Étant donné que la production de l’Arabie saoudite représente chaque jour une part plus importante de la production mondiale de pétrole, le pays a été appelé à jouer un rôle directeur et régulateur dans la fixation du prix du pétrole en faisant fluctuer sa production.

Selon l’Oil and Gas Journal, l’Arabie saoudite détient 261 milliards de barils de réserves de pétrole prouvées, soit à peu près un quart des réserves mondiales conventionnelles prouvées de pétrole. Bien que l’Arabie saoudite dispose d’environ 80 champs pétrolifères, plus de la moitié de ses réserves sont dans seulement quatre champs, et plus de la moitié de sa production provient d’un seul champ, le champ de Ghawar.

Un des défis pour les Saoudiens pour maintenir ou augmenter leur production est que la production de leurs champs actuels diminue de 5 à 12% par an, nécessitant donc une capacité annuelle supplémentaire équivalente. L’Agence internationale de l’Energie prévoit pour l’Arabie saoudite une extraction de 7 milliards de barils par an en 2020.

Saudi Aramco :

Saudi Aramco est la compagnie nationale saoudienne d’hydrocarbures (son nom est la contraction de Arabian American Oil Company). Elle possède la quasi intégralité des ressources en hydrocarbures du royaume (95%) et, du point de vue de ses réserves comme de celui de sa production, c’est de loin la première compagnie pétrolière mondiale.

Saudi Aramco Logo oil petrole arabie saoudite

Son siège se trouve à Dhahran, à l’est du pays.

Présentation de Saoudi Aramco en quelques chiffres (2010) :

- Production journalière moyenne de pétrole brut : 7,91 millions de barils ;
- Production annuelle de pétrole brut : 2,887 milliards de barils ;
- Réserves estimées de pétrole brut : 260,1 milliards de barils.

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L’Aramco est connue pour ses compétences multiples. En effet, elle excelle dans chaque domaine allant de l’exploration, la production, le raffinage, à la pétrochimie et ce jusqu’au marketing et au transport maritime à l’échelle internationale à l’image de leur filiale Vela International Marine Limited qui gère une flotte de supertankers (15 VLCC (Very Large Crude Carrier) et 1 Aframax (le plus gros vaisseau existant, pouvant transporter de 80 000 à 120 000 tonnes), ainsi que 20 tankers et 4 MRT (Medium Range Tanker)). N’oublions pas de souligner son fort intérêt (lourds investissement) pour l’exploration. S’ajoute encore à cela la recherche, notamment dans les domaines du traitement des différents types d’hydrocarbures.

Cela fait 80 ans que l’Aramco a le leadership sur le secteur (que ce soit en terme d’exploitation, d’exportation ou de réserves ; bien que la Russie soit récemment passée devant (en 2010) en terme d’exportation).

Ses principaux clients sont l’Asie (45%), l’Amérique du nord (18%) et l’Europe de l’ouest (15%).

Prévisions de l’Aramco :

En 2011, le programme d’investissement de Saoudi Aramco est pour l’essentiel concentré sur le projet Khurais.

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Ce gisement fera accroître la production de 1,2 million de barils par jour d’Arabian Light. D’autres projets majeurs sont en cours, tels que ceux de :

- Abu Hadriya, Fadhili and Khursaniyah : ces trois gisements combineront un accroissement total de 500 000 barils par jour de la production totale d’Arabian Light ;
- Shaybah Expansion : apportant un surcroît de production de 250 000 barils par jour d’Arabian Extra Light à l’heure actuelle, puis à 750 000 barils par jour par la suite ;
- Nuayyim : apportant un surcroît de production de100 000 barils par jour d’Arabian Super Light.

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Futur :

Seul bémol à relever, en Arabie Saoudite les investissements dans l’industrie font défaut et le pays vit majoritairement de la rente pétrolière. En effet, les revenus pétroliers représentent 55% du PIB en 2008, 31% en 2009 et 35 % en 2010 ; ils représentent aussi et surtout 90% des exportations et 85% des recettes budgétaires.


Irak

L’Irak dispose des quatrièmes réserves conventionnelles de pétrole du monde avec 143,5 milliards de barils. Elle compte au total 66 champs pétroliers, dont 7 considérés comme “super géants”. 71% des réserves se trouvent dans le sud du pays, principalement autour de Bassorah, à 450 kilomètres au sud de Bagdad. Le plus grand champ pétrolier irakien est celui de Qourna-Ouest, recelant 43 milliards de barils (le deuxième au monde). Le nord du pays, principalement la région de Kirkuk, compte 20% du pétrole tandis que les 9% restants se trouvent dans le centre.

Histoire :

Les premiers gisements découverts se firent entre 1925 et mars 1926 par la mission Hugo de Bockh et, au cours des mois suivants, cinq sondages sont effectués entre Bagdad et Kirkuk. Les travaux commencent en avril 1927 et, le 15 octobre, le pétrole jaillit à Baba Gurgur.

Cette découverte entraîne de nouveaux accords au sein de la Turkish Petroleum Company (TPC), contrôlée alors par l’Anglo-Persian Oil Company (23,75%), la Royal Dutch Shell (23,75%), la Compagnie Française des Pétroles (23,75%), la Near East Development Corporation (23,75%) et Calouste Gulbenkian (le célèbre “Monsieur cinq pour cent”).

Le 31 juillet 1928, lors d’une conférence réunie à Ostende (Belgique), Gulbenkian trace sur la carte du Moyen-Orient la fameuse “Red Line” qui délimite “les anciens territoires ottomans” censés relever de la concession originelle de la Turkish Petroleum et en exclut le Koweit, sous protectorat britannique depuis 1899.

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Cette “ligne rouge” oblige les différents associés de la TPC à exploiter en commun le pétrole de la zone qu’elle entoure et cet accord demeurera valide jusqu’en 1948. Deux mois plus tard, le 27 septembre 1928, une réunion débouche sur un accord relatif à la commercialisation du pétrole qui constitue le fondement du “Cartel” appelé à dominer la production et le marché pétrolier irakien pendant près d’un demi-siècle.

En 1929, la TPC devient l’Iraq Petroleum Company (IPC) et la production de Mossoul et de Kirkuk progresse régulièrement ; ce qui pose bientôt un problème de transport. Les Français suggèrent la construction d’un oléoduc reliant Kirkuk à Tripoli (Libye) mais les Britanniques, soucieux d’imposer un itinéraire passant par les territoires qu’ils contrôlent, veulent que le pipe-line débouche à Haïfa (Palestine). Les deux partenaires s’accordent sur une solution de compromis, l’oléoduc devant se diviser en deux à partir de l’Euphrate, une première branche allant vers le littoral syrien, une seconde vers la côte palestinienne.

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Dès juillet 1934, le pétrole irakien atteint Tripoli, avant d’arriver cinq mois plus tard à Haïfa. Dès ce moment, quatre millions de tonnes peuvent ainsi être évacuées chaque année vers les ports de la Méditerranée. À la veille de la seconde guerre mondiale, l’Iraq Petroleum Company détient des concessions sur tout le territoire irakien, soit directement, soit par l’intermédiaire de ses deux filiales, la Mossoul et la Bassorah Petroleum.

Le 7 avril 1972, Saddam Hussein, vice président de conseil de la révolution, avec l’aide de l’URSS, nationalise son pétrole au profit de l’Iraq National Oil Company (INOC), compagnie nationale crée en 1966 par le gouvernement irakien. Depuis cette date, l’INOC a l’exclusivité concernant l’exportation, l’exploration et l’exploitation du pétrole irakien.

L’Affaire Pétrole contre nourriture :

L’Affaire Pétrole contre nourriture est un programme visant à satisfaire les besoins humanitaires du peuple irakien après la guerre du Koweït (aussi appelée guerre du golfe). Celle-ci se déroulant de 1990 à 1991 et opposant l’Irak aux pays de l’ONU, répondant à l’invasion du Koweït par l’armée irakienne de Saddam Hussein.

Corruption :

En 1996, l’Irak étant sous embargo international par l’ONU depuis 1991, voit son régime assouplit. Les échanges pétrole contre nourriture sont imposés et surtout contrôlés par le Comité des Sanctions de l’ONU.

UNO logo ONU United Nations

Plusieurs enquêtes mettent en cause la régularité des opérations du programme du fait que Saddam Hussein et son entourage distribuaient de manière dissimulée à des personnalités étrangères susceptible d’appuyer leurs causes, des “allocations de barils de pétrole”.

Pendant la durée du programme, l’État irakien et de nombreuses entreprises mondiales se sont partagés une somme d’environ 1,8 milliard de dollars grâce à un système ingénieux. Tout contrat d’achat de produits de première nécessité conclu entre une entreprise et l’État irakien devait être validée par le ministère des affaires étrangères du pays d’origine de la marchandise, ainsi qu’obtenir le quitus de l’ONU pour pouvoir commencer à travailler avec l’Irak. Un comité représentatif veille à valider ou bloquer le contrat conclu pour permettre de contrôler les types de marchandises importées.

Plus de 2 200 entreprises sont impliquées, identifiées par la commission d’enquête de l’ONU (IIC) conduite par l’ancien président de la Réserve fédérale des Etats-Unis, Paul Volcker.

Un double système de commissions :

Le système visait à ce que l’Irak applique une décote d’environ 50 cents par baril à la vente, avec un prix déjà en-dessous du cours. L’entreprise qui achetait le pétrole voyait ainsi son bénéfice augmenter de 25 cents par baril et rétrocédait 25 cents à l’Irak. L’argent était apporté par valises entières dans les ambassades d’Irak (comme à celle de Genève par exemple).

Sur le volet de l’entrée de nourriture, ce système visait à sur-facturer les produits entrants : les entreprises voyaient leurs bénéfices augmenter et devaient rétrocéder 50 % à l’État irakien toujours via les ambassades.

Contrebande pétrolière :

En parallèle, l’Irak se livre à une contrebande pétrolière via la technique du “surlifting”, une surcharge secrète des supertankers, avec la complicité de plusieurs sociétés de courtage pétrolier. Cette contrebande ne bénéficie pas au peuple irakien car les revenus générés sont destinés à un réseau de sociétés écran immatriculées dans des pays à fiscalité privilégiée.

Pétrole contre lobbying :

Le régime irakien délivre des bons de pétrole à des personnalités étrangères en contrepartie d’activités de lobbying pour la levée de l’embargo décidé par le Conseil de Sécurité des Nations Unies après la guerre du Golfe de 1991.

Extrait du rapport Volcker : “Dès le départ, l’Irak préférait vendre son pétrole à des compagnies et des individus originaires de pays perçus comme “amis” de l’Irak, en particulier s’ils étaient membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, et capables potentiellement d’alléger les sanctions”. La Russie et la France sont particulièrement sollicitées.

La production a été fortement réduite en 1991 (-86,5%), les infrastructures ayant été sérieusement endommagées par la guerre du Golfe.

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En dépit de conditions d’exploitation difficiles, la production a été relancée et progresse de manière continue. La production de pétrole irakien était en juin 2 000 de 3 millions de barils par jour.

En l’an 2000, pour la sixième phase du programme pétrole contre nourriture, l’Irak exporta 45% de son pétrole en Europe, 39% aux Etats-Unis, 14% en extrême orient et 12% au Brésil et Afrique du Sud.

Les principaux champs de pétrole irakiens :

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West Qurna : Ce champs pétrolier est le plus grand en Irak. Il est situé à 70 kilomètres au nord-ouest de Bassorah et dispose de quelques 43 milliards de barils prouvés faisant de lui le troisième champs pétrolier au monde. La phase 1 de son exploitation fut accordée en novembre 2009 à l’alliance ExxonMobil-Shell pour développer 9 milliards de barils prévoyant d’augmenter la production de 0,27 millions à 2,25 millions de barils par jour en 2015. La phase 2, en décembre 2009, est supervisée par Lukoil (Russie) et Statoil (Norvège) ; ils se voient accordés les droits d’exploitation de 12,88 milliards de barils. Leur but est de développer la production de 120 000 barils à 1,8 millions de barils par jour sur 13 ans.

Majnoon : ce champs est situé à 100 kilomètres au nord-nord-est de Bassorah, au sud de l’Irak, et recèle de 23 à 25 milliards de réserves de barils de pétrole prouvés. Formé durant le crétacé supérieur, il fut découvert en 1975 par Petrobras (à l’époque, Braspetro). Il subit une halte durant la guerre Iran-Irak surtout après l’opération Kheibar. La production en a été réduite à 46 000 barils par jour. En 2007, Total et Chevron ont signé un accord avec le gouvernement irakien pour l’explorer. En 2009, le gouvernement irakien autorisa une joint-venture composée de la Royal Dutch Shell et de Petronas afin d’opérer le gisement et de tripler sa production. En 2010, Total et Chevron ont signé un accord avec le gouvernement irakien pour explorer une partie du champs de Majnoon (12,6 milliards de barils). En 2010, Total et la CNPC obtinrent un contrat de production et de développement sur 20 ans. L’opérateur Shell détient 45% d’intérêt, Petronas 20% et le gouvernement irakien 25%.

Ramallah : ce champs est situé à 50 kilomètres au sud-ouest de Bassorah, au sud-est de l’Irak, à 30km de la frontière koweitienne. Ce gisement à fait l’objet d’une guerre en 1990, le Koweit revendiquant ce champ et envahissant l’Irak. Il fut découvert en 1953 par la BP. Nationalisé par Saddam Hussein, il le demeure à ce jour le quatrième plus grand gisement au monde avec 17 milliards de barils prouvés (15% des réserves irakiennes). Il est situé à 2 400 mètres sous terre. Le champs appartient désormais à la BP et à la CNPC via l’accord de l’Iraq Producing Field Technical Service Contract (PFTSC). BP en détient 38%, la CNPC 37% et la SOMO (State Oil Marketing Organization – compagnie irakienne) 25%. L’expansion du projet est gérée par la ROO (Rumaila field Operating Organization – soit la BP, la CNPC et la SOMO). En juin 2010, le champ produit 960 000 barils par jour, ce qui représente 40% de la production irakienne (établie à 2,4 millions de barils par jour). La BP et la CNPC entendent développer la production jusqu’à atteindre 2,85 millions de barils par jour d’ici 5 ans. Il deviendra alors le second plus grand gisement exploité au monde en terme de production.

Baba Gurgur : situé à 5 kilomètres au nord-ouest de Kirkuk (nord-est du pays), ce champs fut découvert en 1927. Il a été mis en service par l’Iraq Petroleum Company (IPC) en 1934 et est resté le plus important puits en exploitation dans le nord de l’Irak avec plus de 10 milliards de barils de pétrole prouvés (estimation datant de 1998). Après plus de sept décennies d’exploitation, ce gisement produit encore en moyenne 1 million de barils par jour. Ses ressources sont exportées via le pipeline de Kirkuk-Ceyhan, aboutissant ainsi au port turc de Cehyan donnant sur la mer Méditerranée.

East Bagdad : c’est un groupe de champs pétroliers situés à 20 kilomètres à l’est de Bagdad. Il recèle 8 milliards de barils prouvés. Il fut découvert en 1976. Sa production potentielle est estimée à 400 000 barils par jour. Il fait 11 kilomètres de large et 64 kilomètres de long. Il est géré par le ministère du pétrole irakien.

Nahr Umr : situé à 100 kilomètres au nord de Bassorah, ce champs détient 6,6 milliards de barils de pétrole. Il a été découvert en 1949 par la BP.

Az Zubair : situé à 40 kilomètres au sud-ouest de Bassorah, il fut découvert en 1949 et dispose de 4,5 milliards de barils prouvés. Il produit 195 000 barils par jour ; il est prévu d’augmenter la production à 1,125 million de barils par jour d’ici 5 ans. Le contrat de développement à été obtenu par l’ENI (32,81%), la Korea Gas Corporation (18.75%) et la Missan Oil Company (compagnie irakienne, à hauteur de 25%).

Halfaya : situé à l’est d’Amarah, il dispose de 4,1 milliards de barils prouvés. Sa production était de 3 000 barils par jour jusqu’à-ce qu’en décembre 2009 la CNPC ait remporté 50% du contrat de développement du champ, et Total et Petronas (Malaisie) 25% chacun. Le consortium produit en 2011 quelques 535 000 barils par jour.

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Relance de l’activité, ventes aux enchères :

L’état lamentable de ses installations, victimes d’une décennie d’embargo international, puis de deux guerres successives, et la situation alarmante de ses finances contraignent aujourd’hui l’Irak à rouvrir ses gisements au capital et à l’expertise étrangère.
En 2009-2010, profitant d’une relative accalmie politique, l’Irak met sur le marché un grand nombre de blocs qui sont rapidement attribués.

Les compagnies choisies doivent obligatoirement s’associer avec l’une des deux sociétés publiques pétrolières nationales, à savoir la Bassorah Petroleum et la Mossoul Petroleum, et partager avec elles le management des gisements dont elles financeront seules le développement. Les sociétés étrangères sélectionnées ne seront pas rémunérées par un prélèvement d’une part de la production, mais sur la base d’un montant fixe par baril produit, et uniquement après avoir atteint le seuil de production préalablement fixé dans le contrat par le gouvernement.

Trois enchères ont déjà eu lieu :

Ces appels d’offre ont permit d’ouvrir à la concurrence internationale les ressources de l’Irak nationalisées depuis 37 ans sous le régime de Sadam Hussein.

Les réserves mises en jeu s’élevaient au total à 41,2 milliards de barils.

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Parmi ces ventes, les plus importantes furent obtenues par les consortiums suivants :

Le consortium mené par le russe Loukoil (85%) et le norvégien StatoilHydro (15%) a remporté l’exploitation du champ pétrolifère géant de Qurna-ouest 2 (12,8 milliards de barils), situé dans le sud de l’Irak. Le consortium Shell (60%) et Petronas (40%) a remporté le champ pétrolier géant de Majnoun (12,58 milliards de barils) situé au sud de l’Irak. Le consortium mené par le chinois CNPC (50%), Total (25%) et Petronas (25%) a remporté celui d’Halfaya (4,1 milliards de barils), situé à l’est de Bagdad. Le champ de Garraf (0,86 Milliards de barils) a été attribué au consortium malaisien Petronas (60%) et au japonais Japex (40%). Le champ de Najmah (situé dans la province de Ninive, au nord) qui recèle de 858 millions de barils, a été remporté par l’angolais Sonangol ; cette même compagnie a remporté dans la même province le champ de Qaiyarah (807 millions de barils). Le champ pétrolier de Badra-est (109 millions de barils) a été remporté par le consortium Gazprom (40%), le sud-coréen Kogas (30%), le malaisien Petronas (20%) et le Turc TPAO (10%).

En 2009, le gouvernement irakien avait déjà signé onze contrats avec des compagnies étrangères pour l’exploitation de ses immenses réserves pétrolières et entend porter sa capacité de production à 12 millions de barils par jour en 2017, contre 2,5 mb/j en 2010, ce qui ferait de l’Irak le premier producteur mondial ; cette politique va mener l’Irak à l’affrontement avec l’Arabie saoudite et l’Iran, ainsi que la Russie, en tant que premier producteur de pétrole mondial.

Une prochaine session de ventes aux enchères est prévue pour janvier 2012.

Futur :

En dépit de ses vastes réserves et de son prix de revient peu élevé (l’un des moins chers du monde à extraire ; 1,5 à 2 $US le baril), la production n’a ainsi commencée à se reprendre qu’en 2011 grâce aux enchères initiées par le gouvernement irakien. Le risque politique est ainsi la principale contrainte de la production pétrolière irakienne et le restera probablement dans le futur proche.

En 2011, les revenus tirés de la vente du brut en Irak ont atteint des niveaux jamais égalés depuis l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis, en 2003.

L’Irak a exporté 67 millions de barils de pétrole en janvier 2011, générant un revenu de 6,082 milliards de dollars. Il s’agit des exportations les plus élevés en Irak depuis 2003. Si cela continue, cela remboursera leur déficit budgétaire.

Notons que le pays est fortement dépendant ses ressources pétrolières qui assurent 90% des revenus du gouvernement irakien.

A noter, de nombreuses zones n’ont jamais été explorées et certains analystes n’excluent pas que le pays possède en réalité les premières réserves de la planète.


Iran

L’Iran dispose de la cinquième réserve mondiale conventionnelle de pétrole brut avec approximativement 10% du pétrole mondial (137,6 milliards de barils de pétrole prouvés). Il est le 4e producteur de pétrole au monde et le 2e exportateur de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP).

On ne peut évoquer la géographie du pétrole iranien sans parler de la géopolitique du pétrole au Moyen Orient.

Histoire mouvementée :

Le premier contrat de concession pour l’exploitation du pétrole en Iran a été accordé en 1901 à un homme d’affaire britannique, William Knox D’Arcy. Ce contrat de concession devint alors célèbre sous le nom d’ “accord de D’Arcy”. En 1908, les ingénieurs de D’Arcy découvrirent une réserve de pétrole importante à Masjed-Soleyman. Cette découverte constitua le point de départ d’une immense évolution politique et économique en Iran ainsi que dans le monde. Après cette première réussite, les concessionnaires redoublèrent leurs efforts d’exploration afin de découvrir de nouvelles réserves dans le pays.

Au seuil de la Première Guerre mondiale, le gouvernement britannique avait acheté la concession de D’Arcy et était devenu le maître incontesté des immenses réserves pétrolières de l’Iran, dans les régions du sud et du sud-ouest du pays. Le pétrole iranien a d’ailleurs joué un rôle déterminant en fournissant l’énergie et le combustible dont la marine britannique avait besoin pendant la Grande Guerre.

Après la guerre, la Grande Bretagne décida de développer son influence en Iran tout en empêchant les compagnies pétrolières des pays tiers de participer aux projets d’exploitation pétrolière iraniens. Des voix s’élevèrent dans les milieux politiques iraniens pour exiger une révision du contrat de concession de D’Arcy, étant donné que la partie iranienne ne recevait qu’une portion congrue des immenses revenus issus de l’exportation du pétrole par la Grande-Bretagne.

Par ailleurs, les activités de l’Anglo-Persian Oil Company (APOC) en Iran et la découverte de nouveaux gisements de pétrole avaient attiré l’attention des autres pays et de leurs compagnies pétrolières. Ainsi, dès les années 1920, les Etats-Unis et l’Union Soviétique ont commencé à développer leurs activités en Iran.

L’opinion publique iranienne était pour la diminution de la mainmise de la Grande-Bretagne sur les gisements de pétrole. En réponse à ces revendications internes, Reza Shah tenta de faire croire à une modification du contrat de concession de D’Arcy en y apportant de légères modifications. En 1941, Reza Shah abdiqua en faveur de son fils aîné : Mohammad-Reza.

De 1945 à 1948, le parlement iranien approuva de nombreuses lois visant à interdire l’octroi de concessions pétrolières aux pays étrangers. Londres réagit violemment contre les mouvements qui avaient mis en péril ses intérêts dans l’exploitation des réserves pétrolières du sud et du sud-ouest de l’Iran. Dans ce cadre, la Grande Bretagne envisagea d’ajouter une annexe au contrat de l’APOC qui est par la suite devenue célèbre sous le nom de “Accord Gass-Golshayan”.

Ainsi, en 1951, le Parlement iranien approuve la nationalisation de l’industrie pétrolière iranienne. Quelques mois plus tard, le Premier ministre progressiste Mossadegh nationalise effectivement l’Anglo-Iranian Oil Company (AIOC), jusqu’alors aux mains des Britanniques. Ces derniers ripostent en bloquant le Golfe Persique, ne laissant plus passer une goutte de pétrole iranien. Cela amène une radicalisation de la politique de Mossadegh et à des mobilisations massives de la population. Avec l’appui des factions religieuses (conduites par l’ayatollah Abou al-Qassem Kachani), le premier ministre iranien Mohammad Mossadegh nationalise l’Anglo-Iranian Oil Company le 15 mars 1951.

Fondée en 1948, la National Iranian Oil Company (NIOC) ou Compagnie nationale iranienne du pétrole est une entreprise produisant et distribuant du pétrole (et du gaz naturel) jusqu’à ce qu’elle ne soit nationalisée et intégrée au Ministère du pétrole d’Iran. Cette nationalisation entraine un conflit immédiat avec la Grande Bretagne ; les marchés se ferment au pétrole iranien occasionnant une grave crise dans le pays. Le chef du gouvernement est alors éloigné du pouvoir à la suite d’un complot orchestré par les services secrets britanniques et américains, l’opération Ajax. En 1953, un coup d’État orchestré par la CIA renverse le gouvernement de Mossadegh. Le pouvoir passe aux mains du Shah Pahlavi, qui met en place un régime très répressif. A l’instar d’Israël ­ (avec lequel le shah entretient d’excellentes relations)­ l’Iran restera pendant 25 ans un allié fidèle des États-Unis.

En 1979, une révolution populaire chasse le Shah du pouvoir. Elle est dirigée contre l’ingérence étrangère, contre la répression du shah et contre une petite élite qui, en compagnie de groupes financiers étrangers, s’enrichit hors mesure sur le dos de la population. Cette révolution présente une forte identité islamiste. Après douze années d’exil, l’ayatollah Khomeyni rentre en Iran et conduit le pays vers un régime fortement islamiste qui va réprimer les mouvements progressistes. L’actuel président Ahmedinejad est à l’époque l’un des jeunes dirigeants de la garde révolutionnaire.

En 1980, le déclenchement de la guerre Iran-Irak met un terme à la lutte interne entre les diverses forces au sein du régime. La guerre stabilise le pouvoir de Khomeyni. Dans un cadre islamiste, le régime se libère de l’ingérence de l’Occident et surtout des États-Unis. En même temps, des relations économiques se nouent avec l’Allemagne et d’autres pays européens mais aussi et surtout avec la Chine, l’Inde, le Japon et la Russie.

Lorsqu’en 2005 Mahmoud Ahmadinejad (qui avait participé à la révolution iranienne de 1979) prend les rênes du pays, il fit évoluer les échanges avec ces derniers et ferme définitivement l’accès au pétrole iranien aux Etats-Unis (qui d’ailleurs avaient interdits tout échange USA-Iran depuis 1995 (par le président Clinton) soit bien avant la question du nucléaire iranien soulevée par Bush en 2004.

mahmoud ahmadinejad iran

NIOC et production iranienne :

La National Iranian Oil Company (NIOC) est un entreprise produisant et distribuant du pétrole (et du gaz) dont le siège est situé à Téhéran. L’entreprise est publique et appartient au Ministère du pétrole d’Iran. Elle a été fondée en 1948. La NIOC a été fondée avec des objectifs d’exploration, de développement, de production, de marketing et de vente de pétrole brut et de gaz naturel. La NIOC possédant toutes les réserves d’hydrocarbures d’Iran est considérée comme une des plus grandes firmes pétrolières du monde.

nioc logo national iranian oil company

Les réserves de pétrole de la NIOC sont actuellement de 137 milliards de barils.

Les capacités de production de la NIOC incluent plus de 4 millions de barils de pétrole brut par jour. La compagnie exporte grâce à ses installations sur les îles de Kharg, Lavan et Siri, mettant 17 jetées à la disposition des tankers afin d’exporter son pétrole.

La NIOC dispose, entre autres, des gisements suivants :

Onshore :

iran NIOC major onshore fields grand gisement

Offshore :

iran NIOC major offshore fields grand gisement

iranian oil fields champs petrole iran

Les réserves totales au Moyen-Orient sont estimées à 741,6 milliards de barils équivalent pétrole. L’Iran en possède 18,4%.

L’Iran prévoit d’approvisionner plus de 12% de la production d’hydrocarbures dans le monde d’ici 20 ans.

La production iranienne ne décline pas, elle est stable, à environ 4,2 millions de barils par jour, et ce depuis 2003.

La situation énergétique de l’Iran n’en est pas moins précaire.

Paradoxe : quatrième producteur mondial, l’Iran manque de capacités de raffinage et doit importer une part importante de son essence raffinée (environ 30 %). Les sanctions adoptées par le conseil de sécurité des Nations Unies en juin, en réaction à la politique nucléaire de Téhéran, compliquent encore plus la situation.

iran oil production petrole consumption consommation

L’Iran produit en moyenne environ 1,5 milliard de barils par an.

Importateurs et partenaires commerciaux :

Les besoins croissants en pétrole (et en gaz) de la Chine, de l’Inde et du Japon confèrent à l’Iran une position importante dans l’économie et la politique mondiale. La Chine a un besoin sans cesse croissant de pétrole pour son économie à croissance rapide. D’où son très grand intérêt pour l’Iran.

Téhéran et Beijing sont en pourparlers sur l’utilisation d’un système de troc pour échanger du pétrole iranien pour des biens et services chinois. Les sanctions financières américaines ont bloqué la Chine afin de payer au moins 20 milliards de dollars pour les importations de pétrole. Les jeux répétés de sanctions financières américaines imposées en réponse au défi de l’Iran continuant son programme nucléaire, ont eu un effet dévastateur sur le secteur bancaire du pays, en limitant sa capacité à faire des affaires avec d’autres banques dans le monde.

 

Les Importations chinoises de pétrole en provenance d’Iran ont augmenté de 49 % en 2010 (sur un an).

L’ambassadeur chinois à Téhéran, Yu Hung Yang, lors d’une conférence sur le commerce à Téhéran qui s’est tenue en juin 2011, a déclaré que le montant des échanges commerciaux entre les deux pays avait augmenté de 55% au cours des quatre premiers mois de 2011 par rapport à la même période de l’année dernière et s’est élevé à 13,28 milliards de dollars. Il a aussi prédit que le chiffre dépasserait 40 milliards de dollars d’ici la fin de l’année.

L’Inde est le deuxième plus gros client de l’Iran après la Chine. Un débouché que l’Iran n’a pas l’intention de mettre en péril. De son côté, l’Inde est en développement économique rapide et ses besoins énergétiques ont augmenté de 80% en 35 ans. L’Iran est son deuxième fournisseur de pétrole, après l’Arabie Saoudite.

 

Bourse Iranienne du pétrole :

La création d’une telle bourse s’inscrit dans les relations tendues entre l’Iran et les Etats-Unis.

La bourse internationale iranienne du pétrole (Iranian International Petroleum Exchange – IIPE) est une bourse inaugurée le 17 février 2008 par le ministre du pétrole iranien Gholam-Hossein Nozari et le ministre de l’économie et des finances Davoud Danesh Ja’fari où s’échangent certains dérivés du pétrole et à terme, du pétrole brut.

La bourse est située sur l’île de Kish, une zone franche.

kish island iran ile de kish petrole oil stock exchange bourse iranienne

La particularité de cette bourse est que les échanges se font principalement en rial iranien et non en dollars US comme dans les autres bourses mondiales. Cette particularité met à mal la suprématie de la monnaie américaine qui sert de monnaie étalon dans la vente de pétrole (pétrodollar). A terme, ce sera certainement en euro que sera traité le pétrole à la bourse de Kish, voire un panier de devises (incluant certainement l’euro, le yen, le yuan et le rouble, mais excluant dans tous les cas le dollar américain).

Le passage à une autre monnaie que le dollar pour échanger le pétrole a des conséquences économiques pour les États-Unis. Le dollar servant de monnaie d’échange, les pays étrangers se voyaient dans l’obligation d’acheter des dollars auprès de la réserve fédérale des Etats-Unis, qui est la seule institution autorisée à émettre la monnaie nationale américaine. Le passage à une autre monnaie diminue le recours aux dollars pour payer le pétrole. Les rentrées d’argent diminuent donc aux États-Unis ce qui, dans un contexte économique américain morose et un dollar faible face à l’euro et au yen, peut pousser nombre de pays à utiliser une autre monnaie que le dollar pour effectuer les transactions de pétrole.

Mahmoud Ahmadinejad  a déclaré  ”la chute de la valeur du dollar est un des problèmes majeurs dans le monde aujourd’hui. Les dégâts provoqués se ressentent déjà dans l’économie globale, particulièrement pour les pays exportateurs d’énergie… Par conséquent, je réitère ma suggestion, qu’une combinaison des devises les plus fortes du monde devienne la base des transactions pour le pétrole, ou alors les pays membres de l’OPEP choisissent une nouvelle devise pour les transactions de pétrole”. Il a ajouté que “la Russie et l’Iran, deux producteurs principaux de l’énergie mondiale, devraient encourager les transactions de pétrole (et de gaz) dans diverses devises autres que le dollar, libérant le monde de son esclavage vis-à-vis du dollar”.

Le but de cette bourse est donc, dans un premier temps, de concurrencer celle des Emirats Arabes Unis puis à l’avenir l’IPE (Londres) et le NYMEX (New York). Le but ultime étant d’en faire un indice de référence pour le pétrole du moyen-orient.

Soulignons que l’ouverture de la bourse pétrolière iranienne arrive à un moment où l’avenir du dollar américain, en tant que devise mondiale dominante, est mis en doute comme rarement auparavant. Georges Soros, lors du dernier Forum Economique Mondial à Davos a souligné que le monde était à la fin de l’ère du dollar et qu’une “faillite du système” pourrait arriver.

En ajoutant à cela que l’OPEP pourrait passer à l’euro d’ici une dizaine d’année du simple fait que l’Union Européenne importe beaucoup plus de l’OPEP que les Etats-Unis et 45% des importations du Proche-Orient proviennent de celle-ci.

Le Ministre des Affaires Etrangères saoudien, le Prince Saoud al-Faiçal, a concédé, lors du dernier sommet de l’OPEP à Riyad, que le dollar s’effondrerait si l’OPEP décidait de passer à l’euro ou à un panier de devises.

Le Venezuela, la Norvège et la Russie sont tous prêts à se passer du pétrodollar. La France soutient également officiellement la demande d’un rôle plus fort pour l’euro sur le commerce international du pétrole.





Le symbolisme de la bourse pétrolière iranienne est saisissant : il montre que l’éloignement du dollar est irréversible.

Cependant, quelle sera la réaction des Etats-Unis ? Les dénonciations des officiels iraniens maintiennent toujours que Washington a menacé d’interrompre les échanges pétroliers de son pays (au moyen d’un virus en-ligne, d’une tentative de changement de régime ou même d’une frappe nucléaire préventive unilatérale).

Tensions entre Riyadh et Téhéran :

Les deux pays se font face de chaque côté du Golfe Persique. L’Arabie Saoudite et l’Iran sont des concurrents directs dans la région, pour deux raisons : le pétrole et la religion.

L’Arabie Saoudite est le seul pays qui produit plus de pétrole que l’Iran. Les deux pays exportent la quasi-totalité de leur production pétrolière via le Détroit d’Ormuz, que l’Iran a déjà menacé de fermer s’il était attaqué par une puissance étrangère alliée des États-Unis. Les installations pétrolières des deux pays sont à portée des missiles de la partie adverse, de chaque côté du Golfe Persique. Les deux pays cherchent à sécuriser leurs contrats à long terme avec de gros consommateurs, comme la Chine ou l’Inde. De plus, l’Iran étant chiite et l’Arabie saoudite sunnite, cela n’aide pas au dialogue entre les deux adversaires.

Bref exemple de tentative d’éviction de l’adversaire, le Prince Turki al-Faisal d’Arabie saoudite a fait savoir qu’il était pour une intensification de l’embargo contre l’Iran, pour asphyxier son gouvernement et l’empêcher de développer son programme nucléaire. Il s’agirait de ne plus acheter son pétrole, qui représente près de la moitié des revenus de l’Iran. Et pour ne pas déstabiliser la production et le cours du pétrole, il propose aussi que l’Arabie saoudite compense elle-même la production iranienne :

“Pour mettre cela en perspective, l’Arabie saoudite a tellement de capacité de production sous-exploitée (près de 4 millions de barils par jour) que l’on pourrait instantanément remplacer l’ensemble de la production de pétrole de l’Iran.”

Bien que l’Arabie saoudite ait par la suite qualifié cette déclaration de non-officielle, que cela n’appartenait qu’au Prince qui n’était à ce moment plus en fonction, cela a pour effet d’attiser les tensions entre les deux rivaux car chacun sait que c’est un appel lancé à la communauté internationale.

Avenir du pétrole iranien :

“La sécurité énergétique dans le monde sans la présence de l’Iran n’a pas de sens”, a déclaré le ministre du Pétrole Iranien, Massoud Mir Kazemi, appelant à “une politique d’entente avec l’Iran”.

Il a également précisé que l’Iran allait investir d’ici 2015 “150 milliards de dollars en amont et 50 milliards de dollars en aval” pour développer son secteur énergétique.


Koweït

Chiffres :

Le Koweit dispose des cinquièmes réserves de pétrole au monde avec 104 milliards de barils prouvés, soit légèrement derrière les Emirats Arabes Unis. La plupart des réserves pétrolières du Koweït proviennent du champ de Burgan, le deuxième plus grand champs de pétrole après le champ Ghawar en Arabie Saoudite, avec 70 milliards de barils prouvés.

Le Koweït a déjà extrait près de 40 milliards de barils de son sous-sol (2011) mais espère cependant intensifier sa production de pétrole pour atteindre une capacité de 4 millions de barils par jour (actuellement à 2,7 millions en 2009) d’ici 2020 bien que le gisement de Burgan, ayant été découvert en 1938, soit en sérieuse déplétion.

Champs de Burgan :

Le champs de Burgan est donc le deuxième gisement pétrolier conventionnel de la planète en taille après celui de Ghawar.

Burgan Field Kuwait Champs Petrole Burgan Koweit oil

Burgan a été découvert en 1938 et représente la première découverte de pétrole dans le pays. On parle souvent de la zone “Greater Burgan”, incluant aussi les gisements Al-Magwa et Al-Ahmadi. La production commença juste après la Seconde Guerre mondiale, pour atteindre 1 million de barils par jour en 1955, puis 2 en 1968, et un pic à 2,41 en 1972, quantité qui ne sera sans doute jamais égalée. En 2005 la production s’établissait à 1,7 millions de barils par jour. L’agence Internationale de l’Energie prévoit une production de 1,64 millions de barils par jour en 2020 et 1,53 en 2030. La Kuwait Petroleum Company (KPC) pensait pouvoir repasser au dessus de la barre des 2 millions en 2008, mais ce ne fut pas le cas. Désormais, elle maintient une production stable aux environs des 1,7 millions de barils par jour (2009).

Kuwait Oil Company :

En 1934, la Kuwait Oil Company (KOC) fut crée par l’Anglo-Persian Oil Company (APOC), désormais connue sous le nom de British Petroleum (BP), et par la Gulf Oil Corporation (GOC), désormais connue sous le nom de Chevron.

La KOC découvrit son premier champ en 1938, et non des moindres : le champ de Burgan. En juin 1946, Sa Majesté le Sheikh Ahmad Al-Jaber Al-Sabah, dernier émir du Koweït, inaugura le premier export de cargaison du Koweït.

En 1975 le gouvernement koweïtien prit 100% des parts de la KOC.

En 1980, le gouvernement appela toutes les sociétés pétrolières de l’émirat à se rassembler en une seule et même entité : la Kuwait Petroleum Company (KPC). La Kuwait Oil Company (KOC), la Kuwait National Petroleum Company (KNPC), la Kuwait Oil Tanker Company (KOTC) et la Petrochemicals Industries Company (PIC), entre-autres, sont désormais des filiales de la KPC. Certains produits de la compagnie sont dénommés Q8. Ainsi, nous retrouvons, par exemple, des stations-services du nom de Q8 en Scandinavie, en Belgique, au Royaume-Uni, etc.

Depuis, de nouveaux gisements furent développés et les techniques d’exportation le furent aussi à l’image de la construction du terminal pétrolier de Mina Al-Ahmadi North, situé à 45 km au sud de la ville de Koweït, et de South Piers, qui furent achevés en 1998.

kuwait oil terminals terminaux petroliers koweit

Au début des années 2000, douze places offshore permettent de charger plus de 2 millions de barils de pétrole et peut accueillir les plus grands pétroliers. Les jetées de Mina al-Ahmadi sont capables de traiter des pétroliers ou cargos de 100 000 tonnes. Cette île artificielle de Sea Island peut traiter des pétroliers de 375 000 tonnes. L’île consiste en une plate-forme de chargement avec six plates-formes d’accueil. Un seul point d’amarrage est relié par des oléoducs sous-marins.

C’est aussi à Mina Al-Ahmadi que fut construite la première raffinerie de l’histoire du pays, en 1949, disposant d’une capacité de raffinage du pétrole de 465 000 barils par jour.

Ses deux ports principaux sont ceux d’Ash Shuwaikh et d’Ash Shuaiba.

Guerre du Koweït :

La guerre du Koweït, où encore la seconde guerre du Golfe, de 1990 à 1991, opposant donc, comme nous le savons, l’Irak de Saddam Hussein au Koweït (aidé de l’Organisation des Nations Unies, entre-autres), dévasta l’émirat en 1990.

À partir du 19 janvier 1991, avec le sabotage des puits de pétrole du Koweït et du terminal pétrolier de Sea Island par l’armée irakienne, plus d’un million de tonnes de pétrole se répandent dans le golfe Persique provoquant la plus gigantesque marée noire.

koweit guerre 1991 irak pires marees noires worst oil spills

5 pétroliers irakiens pré-positionnés dans le terminal de Mina-al-Ahmadi ont notamment été vidés de leur cargaison. Des réservoirs de stockage à terre ont été également vidés dans le golfe au moyen d’un pipeline sous-marin.

Il ne s’est jamais reproduit d’accident de pétrolier ou de destructions volontaires de cette ampleur depuis cette catastrophe.

La victoire de la coalition entraîna, dès lors, la libération du Koweït. Après la libération, datant du 26 février 1991, la production koweïtienne reprit sa capacité d’avant.

Champs pétrolifères koweïtiens (hormis Burgan) :

champs petroliers koweit oil fields kuwait

Kuwait Oil fields

L’exportation pétrolière représente 90 % des recettes publiques du Koweït.


Émirats arabes unis

Les Emirats Arabes Unis disposent des sixièmes réserves de pétrole au monde avec 98 milliards de barils prouvés. Les Emirats Arabes Unis produisent environ 1,1 milliard de barils par an (2010). Abou Dabi possède 94 % des réserves pétrolières des Emirats Arabes Unis.

Histoire :

Les émirats du Golfe, connus au XIXe siècle sous le nom d’Etats de la Trêve, sous protectorat britannique de 1892 à 1968, devinrent en 1971 la fédération indépendante des Emirats Arabes Unis.

Au début des années 1960, un premier puits de pétrole fut découvert à Abou Dabi, ce qui permit le développement rapide de l’émirat, sous la conduite du Cheikh Zayed ben Sultan Al Nahyane.

Zayed bin Al Nahayan emirats arabes unis united arab emirates oil

Dubaï fut également gagné par cet élan de développement économique, aidé par les recettes des exportations pétrolières.

Les différents émirats commencèrent à se rapprocher et à reprendre le contrôle des mains des anglais. En 1968, les Britanniques annoncèrent leur décision de mettre fin au traité de protectorat qui les liait aux États de la Trêve, ainsi qu’aux émirats de Bahrein et Qatar.

Les 9 états tentèrent de former une union, mais ne parvenant pas à se mettre d’accord, Bahrein et Qatar déclarèrent leur indépendance respectivement en août et en septembre 1971. Mais un accord fut conclu entre six émirats : Abou Dabi, Dubaï, Charjah, Oumm al Qaiwain, Fujaïrah et Ajman. Il aboutit à la création d’une fédération, qui prit le nom d’Émirats Arabes Unis, née officiellement le 2 décembre 1971. Début 1972, le septième émirat, Ras al-Khaimah, rejoignit la fédération.

emirats arabes unis united arab emirates oil

Réserves et production :

L’exploitation pétrolière a donc commencé en 1962, dans le territoire de l’émirat d’Abou Dabi qui demeure le principal producteur de la fédération.

L’émirat d’Abou Dabi représente 93% (92 milliards de barils) des réserves de la fédération, soit l’équivalent de 10% des réserves mondiales de pétrole, le reste se partageant entre Dubaï (4 milliards de barils) et Charjah (1,5 milliards de barils).

Les Emirats Arabes Unis produisent environ 2,9 millions de barils de pétrole par jour mais a annoncé son intention de porter ce chiffre à 5 millions de barils par jour d’ici 2014.

united arab emirates oil production petrole emirats arabes unis eau uae

La plupart du pétrole est contenu dans le champ de Zakum qui est la troisième plus grand du Moyen-Orient avec 66 milliards de barils.

Les Emirats Arabes Unis ont produit 28 milliards de barils de leur réserves à ce jour (2011), soit 6,2% des réserves de l’OPEP ; il leur reste 100 ans de réserves à production égale.

L’Abu Dhabi National Oil Company (ADNOC) :

La compagnie pétrolière des Emirats arabes unis (EAU), la Abu Dhabi National Oil Company (ADNOC).


ADNOC Logo abu dhabi national oil company

ADNOC, compagnie appartenant à 100 % au gouvernement et établie en 1971, est l’une des principales compagnies pétrolières du monde possédant d’importantes réserves de pétrole. Elle produit actuellement plus de 2 millions de barils de pétrole par jour.

L’ADNOC est une des plus importantes compagnies pétrolières nationales et une des plus avancées sur les techniques d’analyse sismique et d’optimisation des taux de récupération de ses gisements tant dans l’onshore que dans l’offshore. Elle est notamment propriétaire des raffineries de Ruwais et d’Umm Al Nar.

Dotée d’une multitude de filiales spécialisées (NDC, ADCO, ADMA-OPCO, NPCC, TAKREER, ADNATCO, etc), l’ADNOC est une entreprise intégrée couvrant l’ensemble des aspects de l’industrie pétrolière jusqu’à la distribution des produits pétrolier.

En 2011, l’ADNOC produit plus de 2,7 millions de barils par jour, ce qui représente donc la quasi totalité de la production de l’émirat (95%).

Il existe cependant d’autres compagnies pétrolières telles que la Dubai Petroleum Establishment (DPE) ou encore l’Abu Dhabi Ports Company (ADPC) spécialisée dans le fret portuaire.

Champs pétroliers majeurs :

Bab est le premier champs à être exploité. La recherche débuta en 1947. La premier forage eu lieu à Ras Sadr près de Taweela, en 1950 ; ce fut le premier forage profond au moyen-orient. Le gisement de Murban fut foré en 1960 et la production commença au champ de Bab en 1963 ; il fut jumelé avec le champ d’Habshan en 2001 après la fusion de GASCO et ATHEER.

Bu Hasa, le second champs des Emirats arabes Unis est situé au sud-ouest d’Abu Dhabi ; il fut découvert en 1962 et sa production débuta en 1965. Il a le meilleur rendement de production de tous les champs de l’ADCO. En terme de réserves prouvées, ce champ est un des vingt premiers au monde. Le réservoir se situe entre 2 200 mètres et 2800 mètres de profondeur. Sa formation est estimée entre 112 et 135 millions d’années.

Les champs d’Asab et de Sahil entrèrent en production dans les années 1970 et Shah en 1983. La production de Shah est actuellement à 1.8 million de barils par jour. Shah est situé à 230 kilomètres au sud d’Abu Dhabi. Il couvre 160 kilomètres carrés. Il est situé légèrement au nord du champ d’Asab, situé à 185 kilomètres au sud d’Abu Dhabi et de Sahil, qui lui est situé à environ 90 kilomètre au sud d’Abu Dhabi.

united arab emirates major oil fields champs petroliers

Al-Jalila est le dernier champs découvert, en 2010, entré en production en 2011.

Terminaux :

Les Emirats Arabes Unis exportent leur brut via les terminaux de Jabal az Zannah et via l’île de Das. Un plus petit terminal est situé à Al Mubarraz.

Dubaï Mercantile Exchange :

L’Arab Light Crude est un pétrole brut léger extrait dans l’émirat de Dubaï. Il est parfois dénommé Fateh. Il sert surtout d’indice ou d’indicateur à l’ensemble du Golfe Persique car il est un des rares à être disponible immédiatement. Il vise à se placer à la même hauteur que le Brent et le WTI. Ses échéances sont limitées à un ou deux mois.

Le brut de Dubaï est un pétrole léger de 31° API avec un niveau de 2% de souffre.

En 2011, le NYMEX détient 25% du DME, hautement spécialisée sur le pétrole ; en 2012, il envisage d’augmenter sa part à 50%.

Dubaï International Financial Centre (DIFC) :

 

Le DIFC est le plus grand centre de finance international qui à pour objectif de se développer afin de concurrencer les centres de New York, Londres et Hong Kong.

Les Emirats prennent ainsi à coeur l’enseignement sur leurs ressources et entendent concurrencer l’occident sur ce terrain dans les années à venir ; ils sont d’ores et déjà en partenariat avec plusieurs universités de renom telles que la London Business School.

Les Emirats Arabes Unis ont réussi à diversifier leur économie, surtout dans le tourisme mais aussi dans l’industrie ainsi que l’immobilier.


Qatar

Chiffres :

Le Qatar dispose des douzièmes réserves de pétrole au monde avec 30 milliards de barils prouvés.

Il est le plus petit producteur de l’OPEP. Il produit, en 2011, 1,1 millions de barils de brut par jour (dont 815 000 de pétrole léger), depuis des gisements pour la plupart anciens. Dukhân, situé en onshore, en est le principal.

De la prospection à la nationalisation :

Après la chute de l’Empire ottoman au lendemain de la Première Guerre mondiale, le Qatar se retrouva sous influence britannique. L’exploration de son sous-sol débuta en mai 1935 grâce à un partenariat entre l’Anglo-Persian Oil Company (APOC, future BP) et le Cheikh du Qatar Abdullah Bin Jassem Al-Thani amenant à la création d’une filiale de l’APOC, la Petroleum Development Limited (PDL). Dû à des conflits frontaliers avec l’Arabie Saoudite et Bahreïn, celle-ci commença réellement sa prospection en 1938. La découverte du pétrole eut lieu en 1940 sur la côte ouest de la péninsule, à 1730 mètres de profondeur : il s’agit du champs de Dukhan. Dû à la Seconde Guerre mondiale, l’exportation débuta en 1949 depuis le port de Mesaieed situé sur la côte est du pays. La production passa de 34 000 barils par jour en 1950 à 67 700 en 1952. En offshore, le premier champs découvert fut celui d’Al-Idd Al-Sharqi en 1960, puis celui de Maydan Mahzam en 1963 et enfin celui de Bul Hanine en 1970. Ce fut la Shell Company Qatar (SQC) qui fut en charge de l’extraction de ces gisements en offshore ; ils furent par la suite reliés au terminal situé sur l’île d’Halul. Cela porta la production du Qatar à 233 000 barils par jour en 1965.

Le 3 septembre 1971, le Qatar acquit son indépendance.

La Qatar Petroleum Company (QP) fut crée en 1974. L’émirat qatari monta à 25% du capital de ces deux compagnies, soit de la QP pour les concessions onshore et, un an après, de la SQC pour les concessions offshore. Elle accrut sa part dans les deux société à hauteur de 60% en 1975 puis la QP, l’actuelle compagnie nationale en 2010, se vit totalement contrôlée par le gouvernement qatari dès 1976.

Qatar Petroleum Company (QP) :

La Qatar Petroleum Company (QP), créée en 1974 est la compagnie nationale qatari. Elle contrôle la quasi totalité de la production et de l’exportation du pétrole de l’émirat depuis 1976.

Qatar Petroleum logo oil

La compagnie est présente à chaque phase : l’exploration, la production, le raffinage, le transport et le stockage. Son dirigeant actuel Mohammed, Bin Saleh Al-Sada, en poste depuis 2008, est aussi le ministre qatari de l’énergie et de l’industrie depuis 2011. Les activités de la QP sont directement liées avec les agences gouvernementales et les autorités de régulation.

La société est le troisième groupe pétrolier mondial en termes de réserves cumulées de pétrole et de gaz.

QP est l’exploitant du réseau national qatari d’oléoducs qui relie les puits de production à la raffinerie d’Umm Said, construite en 1953, et aux terminaux d’exportation sur l’île Halul et Ras Laffan.

qatar pipeline network terminals reseau terminal petrolier

Le raffinage est effectué par la National Oil Distribution Company (NODCO), filiale de QP créée en 1968.

Gisements pétroliers :

Un seul gisement est situé en onshore, il s’agit de Dukhan. Les autres sont tous situés en offshore.

Dukhan :

Dukhan est le principal gisement pétrolier du Qatar et le seul onshore. Situé sur la côte ouest de la péninsule, il a été découvert en 1939 ; cependant l’exploitation commerciale n’a commencé qu’en 1949.

qatar dukhan oil field champs petrole

Il comprend quatre réservoirs (Khatiyah, Fahahil, Jaleha et Diyab) dans différentes strates, le plus profond contient du gaz naturel. Il appartient à la célèbre formation “Khuff”. Le pétrole et le gas sont séparés dans 4 stations : Khatiyah North, Khatiyah Main, Fahahil Main et Jaleha. Le brut est injecté dans des pipelines reliés au port de Mesaieed, situé à 100 kilomètres à l’est de Dukhan.

Le gisement produit actuellement quelques 340 000 barils par jour de pétrole brut léger (40°C API), mais relativement riche en soufre (1,5%). Beaucoup de gaz y est injecté (non seulement son propre gaz associé qui est ainsi recyclé, mais aussi du gaz de North Dome).

Le gisement s’étend sur environ 80 km du nord au sud, sur 8 kilomètres de large. Il est situé à 80 kilomètres à l’ouest de Doha. Ses réserves étaient initialement de 5 milliards de barils. Il est arrivé à maturité au milieu des années 1990 mais bénéficie constamment des dernières technologies d’extraction ce qui permet de maintenir sa production de façon stable.

Al Shaheen :

Découvert par Maersk en 1992, il détient 780 millions de barils de brut (estimés en 2003). La production démarra en 1994. Elle est actuellement de 330 000 barils par jour.

Idd Al Sharqi :

Découvert en 1960, ce fut le premier champs offshore découvert et le second plus grand découvert dans les eaux territoriales qatari. Il git à 80 kilomètres à l’est du Qatar. Sa production démarra en 1964.

En 2006, il produisait environ 150 000 barils par jour.

Bul Hanine :

Découvert en 1965, situé à 100 kilomètres à l’est de la côte, ce champs appartient au Qatar depuis 1969 après le résultat de la délimitation maritime avec Abu Dhabi. C’est un des plus grands champs offshore du Qatar ; il couvre 80 kilomètres carrés.

Al Bandaq :

Découvert en 1964, il couvre 20 kilomètres carrés. Il est à la limite de la frontière maritime avec les Emirats Arabes Unis ; ainsi, sa production est divisée par deux entre les deux Etats.

Mydan Mahzam :

Découvert en 1936, il couvre une surface de 30 kilomètres carrés.

Une multitude d’autres gisements tels qu’Al Rayyan (18 000 barils par jour), Al Khaleej (21 000 barils par jour) et Al Karkara sont en production.

De nombreux champs pétroliers avoisinent la côte est du Qatar ; ils sont cependant tantôt détenus par le Qatar, les Emirats Arabes Unis et l’Iran.

offshore oil field qatar eau iran

Energy City Qatar (ECQ) :

Le Qatar a accueilli la première bourse des matières énergétiques du Moyen‐Orient à Energy City. Une ville qui s’étend sur 2 kilomètres carrés et accueille les bureaux des sociétés du secteur, ainsi qu’une myriade de services : laboratoires, banques, assurances, centres de formations dans le secteur énergétique, hôtels, etc. C’est un complexe géant visant à concurrencer directement celui des Emirats Arabes Unis.

Economie et futur :

Pear Island, une île artificielle avec un complexe hôtelier cinq étoiles et autres attractions touristiques rivalise désormais avec “The World” des Emirats Arabes Unis. Situé à l’est du pays, à 30 kilomètres de la côte, relié par un pont, cette île tend à devenir un atout pour l’émirat dès 2012.

Les autorités qatari s’orientent vers une diversification de l’économie. Elles entendent ainsi développer leur secteur touristique.

En effet, jusqu’à lors, les ressources principales du Qatar proviennent de ses exportations en hydrocarbures. Le pétrole apporte au Qatar 80% de ses revenus à l’exportation et constitue les deux tiers de ses recettes.

D’autre part, le Qatar dispose des troisièmes plus grandes réserves de gaz naturel du monde, concentrées dans l’immense gisement offshore de North Dome ou South Pars, partagé avec l’Iran.

Les hydrocarbures emploient 38 % de la population et génère 60% du PIB, le secteur des services (tourisme, construction) emploie quant à lui 59% de la population.

Le niveau de vie des Qataris est comparable à celui de l’Europe Occidentale. Le PIB par habitant s’élevait à 98 000$ en 2011 grâce à la bonne politique économique suivie par l’état.

qatar pib gdp 2010 2011

En 2011, le taux de chômage du Qatar est quasi nul (0,5%).


Oman

Histoire :

Le sultanat d’Oman commença à prospecter en 1925 mais les études géologiques aboutirent à de mauvais résultats. Après douze années de recherches, de nombreuses compagnies abandonnèrent la prospection dû à ce résultat infructueux, aux tensions tribales, au caractère inhospitalier de l’environnement et aux problèmes logistiques qui en découlent. Seules Shell et Partex (consortium créé à l’initiative de Calouste Gulbenkian (le célèbre “Monsieur cinq pour cent”) en 1928, comprenant BP, Total et Exxon) continuèrent la prospection.

Leurs efforts finirent par payer en 1962 à Yibal, au nord-ouest du pays. S’en suivirent le gisement de Fahid et de Fahud, dans les environs. Un pipeline de 276 kilomètres reliant la zone de production à la côte du pays fut construit. S’en suivit la construction du complexe industriel de Mina al Fahal, un terminal comprenant un parc de stockage et une zone d’amarrage.

oman oil field champs petrole

Le premier export omani se fit le 27 juillet 1967. Le consortium est désormais composé de Shell à hauteur de 85%, de la Compagnie Française des Pétroles (Total) à 10% et de “Monsieur cinq pour cent”.

S’en suivirent de nouvelles découvertes, telles que Ghaba North en 1972, suivi de Saih Nihayda, Saih Rawl, Qarn Alam et Habur. Ces cinq champs, situés un peu plus à l’est du gisement de Yibal, étaient sur le trajet du pipeline menant au terminal ; ils furent accordés par de nouveaux oléoducs et accroissent ainsi la production à une moyenne de 340 000 barils par jour en 1975. A l’est furent découverts par la suite les champs d’Amal, d’Amin et de Marmul.

Le premier janvier 1974, le gouvernement monta à 25% du capital du consortium via la Petroleum Development Oman (PDO). Six mois plus tard, il monte à 60%. Shell ne détenait plus que 34%, la Compagnie Française des Pétroles (Total) 4% et la Partex (Gulbenkian ) 2%. Cela n’a pas changé depuis lors.

En 2010, les réserves de pétrole du sultanat d’Oman sont évaluées à 5,5 milliards de barils.

C’est un pays hors OPEP, classé vingt-deuxième en terme de réserves naturelles de pétrole prouvées.

Petroleum Development Oman (PDO) :

La Petroleum Development Oman (PDO) est la compagnie nationale omani. Elle détient 60% de son capital en 2010.

En 1984, elle produit en moyenne 400 000 barils par jour, soit 146 millions de barils annuels. Elle fut notamment, à cette époque, l’un des précurseurs en matière de techniques d’exploitation telles que le forage horizontal.

Entre 1967 et 1980, seuls 11 champs contribuaient à la production de la PDO. En 1988, ce nombre passe à 50, en 1990 à 60 et en 1999 à près de 100 champs, dont une grande partie dans le sud du pays.

oman champs petroliers oleoducs oil fields pipeline omani

Aujourd’hui la PDO produit environ 600 000 barils par jour.

Yibal :

Le gisement de Yibal fut découvert en 1962 par Shell dans une extension sud du bassin pétrolier arabo-persique. La production commença en 1969 et fut accrue graduellement.

Le pic de production s’établit à 250 000 barils par jour en 1998 ; depuis il est en déclin. En 2006, celle-ci s’établit à 80 000 barils par jour.

Yibal a déjà produit plus de 1,6 milliard de barils en 2010 et sa production totale ne devrait pas dépasser les 2 milliards.

Oman Yibal oil field champs petrole

Chiffres :

De nos jours, Oman produit environ 700 000 barils de pétrole par jour. Le pétrole représente environ 90% des exportations. L’extraction de pétrole est néanmoins en déclin (de 4% par an environ) depuis 1998, date où Yibal a vu sa production s’amoindrir.

Plus de 65 % du PIB dépend de l’extraction du pétrole, viennent ensuite le tourisme (région de Mascate et Salalah) et l’agriculture (autour de la ville de Sohar).

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