Afrique

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Introduction à la géographie du pétrole africain.

  1. Nigeria
    1. Histoire
    2. Tensions politiques
    3. Réforme pétrolière
    4. Partenariats
    5. Futur
  2. Angola
    1. Histoire
    2. Guerres
    3. Corruption
    4. Chiffres
  3. Algérie
    1. Sites exploités
    2. Sonatrach
    3. Dépendence pétrolière
    4. Futur
  4. Libye
    1. Histoire
    2. De la colonisation à la nationalisation
    3. National Oil Corporation
    4. Sanctions internationales
    5. Champs pétroliers
    6. Raffineries
    7. Chiffres
  5. Egypte
  6. Tchad
  7. Soudan
  8. Golfe de Guinée


Nigeria

Histoire :

Le pétrole a été découvert au Nigeria en 1956 dans le delta du Niger. Ce pétrole est intéressant car c’est un brut léger, adouci à basse teneur en soufre, dont le raffinage est facile. Le pays rejoint alors l’OPEP en 1970.

Après le choc pétrolier de 1973, le pétrole devient le principal revenu du pays, remplaçant peu à peu la production agricole. La ville de Port Harcourt est le principal lieu de production du pays qui a attiré de nombreux travailleurs. Le pétrole nigérian (produit à 40% par la compagnie Shell), présent notamment dans les régions du Delta, au sud du Nigeria, représente 99,6% des recettes d’exportation et 80% du revenu du pays.

Le Nigeria est un gros producteur de pétrole sur le marché mondial. Il est le premier producteur du continent Africain, cinquième producteur de l’OPEP et le dixième producteur au niveau mondial, à un rythme d’extraction de 2,4 millions de barils par jour en 2009, avec 36 milliards de barils de réserves de pétrole prouvés. Il est la deuxième puissance économique de l’Afrique, derrière l’Afrique du Sud. Il est candidat à un siège permanent au Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Oil nigeria

Cependant, on constate une forte baisse de sa production, à 2,2 millions de barils en 2010 : cela ne saurait s’arrêter dû aux tensions politiques du pays.

Cette première puissance pétrolière de l’Afrique a réussi à éliminer sa dette extérieure. Le principal acheteur de pétrole africain est la Chine. Le Nigeria est une très jeune démocratie qui doit mettre de l’avant cet atout pétrolier pour devenir une véritable puissance économique et permettre un meilleur investissement dans la société. Ainsi, la scène internationale est témoin de l’émergence du Nigeria en tant que nouvelle puissance économique pendant que la population, malgré cette richesse naturelle impressionnante, reste très pauvre. Une des causes principales de cette pauvreté est la corruption, qui est considérée comme le plus grand maux de ce pays.

Le Nigeria exporte son pétrole en grande majorité vers les Etats-Unis, et aussi vers l’Europe.

Cependant, paradoxalement, le pays est souvent en pénurie de carburant et de nombreuses raffineries sont sous-exploitées voire inexploitées.

La croissance du pays est de 6% environ chaque année depuis 2005.

Fortes tensions politiques :

Les revenus pétroliers ne sont pas, ou peu, redistribués au peuple. En effet, en terme d’IDH le Nigeria est placé à la 158eme position, alors qu’il est le deuxième pays le plus riche d’Afrique. En effet, le pays est gangrené par la corruption.

Cela alimente bien évidemment des tensions entre le peuple et le gouvernement en place. La situation se traduit par une insécurité élevée dans le delta du Niger, notamment dans la région de l’Ijaws.

Depuis les années 2000, les sabotages contre les installations pétrolières se multiplient ainsi que les prises d’otage (20 enlèvements en 2006) visant en particulier la compagnie Shell. Ces enlèvements sont revendiqués par le MEND (Mouvement pour l’émancipation du Delta du Niger, ou encore “Movement for the Emancipation of the Niger Delta) ; il milite contre l’exploitation et l’oppression des peuples du delta du Niger. Il lutte particulièrement contre les compagnies pétrolières et contre le gouvernement fédéral du Nigeria.

De plus, différents groupes ethniques militent contre la pollution dans le delta du Niger provoquées par les compagnies pétrolières (notamment Shell).

>La réforme pétrolière du président Yar’Adua :

Eliminer le monopole de la NNPC :

C’est pour remédier à cette situation que le président Umaru Yar’Adua avait imaginé une vaste réforme du secteur pétrolier. Une nouvelle loi pétrolière “New Petroleum Industry Bill”, plus connue sous son acronyme PIB, avait été rédigée par l’entourage présidentiel. Ce texte prévoyait de scinder la compagnie pétrolière nationale, la NNPC (Nigeria National Petroleum Construction Company), en plusieurs entités indépendantes et ouvertes aux capitaux privés. Depuis près de quarante ans, la NNPC couvre toute l’activité pétrolière, de l’exploration au raffinage.

Dans la nouvelle organisation pensée par le pouvoir nigérian, un organe politique, le Directorat pétrolier, aurait présidé aux choix stratégiques. Un organisme d’inspection, indépendant du pouvoir politique aurait été mis sur pied. Son rôle aurait été de contrôler le comportement des différents acteurs du secteur pétrolier et d’accorder des licences d’exploitations aux différentes compagnies. Parmi les autres structures dont la création était envisagée par cette nouvelle loi pétrolière, la National Petroleum Assets Management Agency (NAPAMA) : la NAPAMA se voyait assigner pour rôle de gérer les taxes et royalties perçues par l’Etat nigérian. Sur le plan strictement opérationnel, l’objectif du président Umaru Yar’Adua était de développer la production pétrolière et non pas seulement à des fins d’exportation mais aussi pour en faire bénéficier une population nigériane cruellement privée de ressources énergétiques.

Cependant, les Majors (Chevron, Exxon, BP) ont fait valoir que, dans sa version initiale, la nouvelle loi pourrait rendre beaucoup plus difficiles les investissements nécessaires à l’industrie pétrolière. Ceux-ci sont évalués à cinquante milliards de dollars.

Depuis la mort du président Umaru Yar’Adua, en 2010, succédé par Jonathan Goodluck, les tensions politiques ne font que s’accroître et la mise en place de cette réforme disparaît peu à peu, ce qui serait profitable aux majors mais dommageable au peuple nigerian, qui ne manquerait pas d’attiser de plus belle les tensions politiques.

Partenariats :

La société nationale du pétrole Nigérienne NNPC a récemment signé un accord d’exportation de produits pétroliers vers les Etats-Unis et d’autres régions du monde, dans le cadre d’un partenariat stratégique avec le géant pétrolier brésilien, Petrobras.

NNPC, qui fut un exportateur de premier plan de pétrole brut en Afrique, a fait savoir que ce nouvel accord augmenterait ses revenus de base de façon durable.

Les deux géants pétroliers ont également décidé en conclusion à leurs discussions de sceller un partenariat dans les domaines de l’exploration et la production pétrolière, le raffinage et la pétrochimie, la distribution, le commerce du pétrole, la production de gaz et d’électricité, mais aussi la recherche et le développement.

L’avenir incertain du Nigeria :

Le Nigeria regorge, certes, d’hydrocarbures ; cependant, les tensions politiques sont telles, dues à la non-redistribution des revenus générés par l’Etat grâce à l’industrie pétrolière au peuple, que l’avenir de ce premier exportateur africain reste en suspens. Les Investissements Directs Etrangers (IDE) demeurent pourtant constants (dans l’industrie pétrolière) car pour le moment, dû à la corruption des dirigeants, les Majors peuvent y faire de larges profits. Mais qu’adviendra-t-il si les tensions politiques s’accroissent dans le temps ? Il se pourrait que le Nigeria se fasse détrôner de sa première place d’exportateur d’hydrocarbures africain dû à ses tensions politiques dans les très proches années à venir.


Angola

Histoire:

La concession “block zéro” a été la première a être exploitée en Angola à partir de 1957 où des droits d’exploitations durent accordés à la société américaine Gulf Oil. Les premiers champs pétroliers furent découverts en 1962 et la production de pétrole à démarré à partir de 1968. Cette concession, “block zéro”, est toujours exploitée aujourd’hui avec une production estimée à 500 000 barils en 2010. La société CABGOC (CABinda Gulf Oil Company), une filiale de la société américaine Chevron Corporation, avec 39,2% des parts, et la société publique angolaise Sonangol (Sociedade Nacional de Combustiveis de Angola) avec 41% des parts sont majoritaires dans la co-entreprise qui exploite la concession. Le groupe français Total détient 10% des parts (cédées par Sonangol en 1992) et le groupe italien ENI 9,8%.

Les plateformes pétrolières sont situées en offshore à 40km des côtes Angolaises ; le fond marin est de 1500 mètres de profondeur.

Depuis juillet 2005, ces plateformes sont propriétés de la compagnie pétrolière Angolaise Sonangol ; auparavant elles appartenaient à la société pétrolière Française Total, qui les avaient construites en 1985.

La compagnie Française Total réalise un tiers de sa production en Angola. Cette proportion est amenée à augmenter.

10 millions de litres de pétrole brut y sont extrait chaque jour (soit 60 000 barils). Le pétrole est ensuite acheminé sur le territoire terrestre Angolais dans la capitale de Luanda.

Guerres puis développement fulgurant :

Après quatre décennies de guerres (indépendance et civile), la croissance du pays fut fulgurante à partir de 2002. Le taux de croissance a crû du 9% en moyenne depuis 2002 jusqu’à aujourd’hui et les prévisions pour les années à venir sont très optimistes. De ce fait, l’économie angolaise devrait grimper à la cinquième position au classement du continent d’ici 2020.

La production s’envole de 900 000 barils par jour en 2003 à 2 millions de barils par jour en 2008 grâce à une série de gisements offshore semi-profonds (à peu près 1500m) dont plusieurs dépassent les 200 000 barils par jour.

Le complexe de Kizomba (“block 15″) atteint à lui seul les 750 000 barils par jour. Le pays commence aussi à prospecter en onshore, surtout à Cabinda (le Cabinda est une des dix-huit provinces de l’Angola, situé à l’extrême nord du pays).

oil concessions angola

La production du pétrole de Cabinda compte pour 60% de la production pétrolière angolaise.

L’Angola fait parti de l’OPEP depuis le 1er janvier 2007. En 2009, sa production est de 1,26 millions de barils de pétrole.

Ses réserves prouvées sont de 9 milliards de barils. Selon plusieurs études, les réserves pourraient être bien supérieures ; jusqu’à doubler, au minima.

La consommation intérieure est pour ainsi dire quasi inexistante : 60 000 barils par jour en 2010.

Le pays est ainsi largement en excédent ; en effet, il produit quatre fois plus que sa demande intérieure.

La majorité du pétrole angolais va aux Etats-Unis (600 000 barils par jour) faisant de l’Angola le huitième fournisseur des Etats-Unis. Au premier trimestre 2008, l’Angola est devenu le principal exportateur de pétrole vers la Chine. Le reste des exportations va vers l’Europe et l’Amérique latine. Les sociétés américaines comptent pour plus de la moitié des investissements en Angola, avec notamment Chevron-Texaco.

Autrefois exploités par les entreprises françaises et américaines, les gisements pétrolifères sont désormais majoritairement gérés par les entreprises chinoises.

La production a atteint en 2010 les deux million de barils par jour. Celle-ci est en constante hausse ; elle était de 1,4 millions de barils par jour en 2005.

Le contrôle de l’industrie pétrolière est exercé par la Sonangol, un conglomérat possédé par le gouvernement angolais.

Pays riche, peuple pauvre, corruption :

Son président, José Eduardo dos Santos, successeur du père de la libération Angolaise, Agostinho Neto, mort en 1979, est associé à la corruption et au détournement de fonds du pétrole, provenant en grande partie de l’enclave du Cabinda. Lui et sa famille son connus pour détenir un large patrimoine immobilier dans les principales capitales Européennes et des comptes bancaires en Suisse et dans d’autres paradis fiscaux. Il détourne ainsi à son seul profit les dollars du pétrole avec un peuple qui est détruit par 30 ans de guerre civile et la famine ; l’Angola se situe à la 158e place au monde en terme d’IDH et au 161e rang du Transparency International (IPC) relevant un extrême taux de corruption.

Chiffres :

L’Angola fournit un quart de l’approvisionnement pétrolier des Etats-Unis. Ses ressources pourraient être bien plus considérables que celles qui sont actuellement prouvées ; elles pourraient surpasser celles du Koweït.

L’Angola prévoit une production de 2,5 millions de barils par jour en 2011 et 2,6 en 2012, ce qui le placerait en tête du classement africain.

Les revenus tirés de la production pétrolière représentent, en 2010, plus de 50% du Produit National Brut (PNB), et 90% de l’Etat angolais.


Algérie

Sites exploités :

L’Algérie est le troisième exportateur de pétrole brut en Afrique.

Les principaux gisements en Algérie sont parmi les plus importants dans le monde. Généralement ils sont localisés dans le Sud. Selon Sonatrach (groupe pétrolier algérien qui représente 98% des recettes en devises du pays), les 67 % de réserves en hydrocarbures sont situés dans les régions de Oued Mya et de Hassi Messaoud. Gaz à Hassi R’mel et le pétrole à Hassi Messaoud (huile). Illizi contient 14 % des réserves. Enfin, Rhourde Nouss renferme 9 % et Ahnet Timimoun 4 % et Berkine. Les sites exploités pour pomper l’huile ou pour rechercher les hydrocarbures, actuellement, en Algérie, sont : Hassi Messaoud, Ain Amenas, Hassi R’mel, Stah, Rhourde Nouss, Tin Fouyé Tabankort, Gassi Touil, Ohanet, Haoud Berkaoui, Hassi Berkine, Ourhoud, Mensel Lejmet Nord et satellites, Rhourde Ouled Djemaa, Touat, El Gassi, Ain Salah, Rhourde El Baguel.

Sonatrach, le géant algérien :

sonatrach logo

Sonatrach est la première compagnie pétrolière en Afrique et la douzième dans le monde, avec un chiffre d’affaire de 65 milliards de dollars en 2008.

Elle intervient dans l’exploration, la production, le transport par canalisations, la transformation et la commercialisation des hydrocarbures et de leurs dérivés.

Adoptant une stratégie de diversification, Sonatrach se développe dans les activités de génération électrique, d’énergies nouvelles et renouvelables, de dessalement d’eau de mer, de recherche et d’exploitation minière. Poursuivant sa stratégie d’internationalisation, Sonatrach opère en Algérie et dans plusieurs régions du monde : en Afrique (Mali, Niger, Libye, Egypte), en Europe (Espagne, Italie, Portugal, Grande Bretagne), en Amérique Latine (Pérou) et aux USA.

L’activité en amont recouvre les activités de recherche, d’exploration, de développement et de production d’hydrocarbures. Celles-ci sont assurées par Sonatrach seule ou en association avec d’autres compagnies pétrolières.

16 découvertes réalisées en 2009, 9 en effort propre et 7 en partenariat.

Sonatrach a effectué deux découvertes de pétrole en international à travers sa filiale Sipex en association avec la National Oil Corporation (NOC). Ces découvertes ont été réalisées dans le bassin de Ghadamès à environ 230 km au sud de la ville de Tripoli en Libye.

 

Presque la totalité des réserves découvertes à ce jour se situe dans la partie Est du Sahara. La répartition géographique sur la base d’un découpage du domaine minier en plusieurs provinces pétrolières plus ou moins homogènes, donne ce qui suit :

- 67% des réserves en huile et en gaz sont renfermées dans les provinces de Oued Mya et de Hassi Messaoud, où sont situés les deux gisements géants de Hassi Rmel (gaz) et Hassi Messaoud (huile) ;
- Le bassin d’Illizi occupe la 3ème position avec 14% des réserves initiales en place ;
- Puis viennent les bassins de Rhourde Nouss (9%), Ahnet Timimoun (4%) et le bassin de Berkine.

La nature des hydrocarbures dans chaque province est comme suit :

- la province de Hassi Messaoud-Dahar correspondant à l’un des plus importants événements tectoniques du Sahara, renferme 71% des réserves en huile;
- la province de Oued Mya, un bassin essentiellement Mésozoïque, renferme surtout du gaz (50% des réserves) et une partie de huile (6%);
- le bassin d’Illizi , essentiellement Paléozoïque, renferme, en pourcentage, autant d’huile (15%) que de gaz (14%);
- les provinces de Rhourde Nouss et de Berkine correspondent à des bassins dont l’histoire géologique est un peu complexe (Paléozoïque et Mésozoïque). Ils renferment 19% de gaz (essentiellement à Rhourde Nouss) dont presque la moitié probable ou possible et 8% d’huile;
- le bassin de l’Ahnet-Timimoun, essentiellement Paléozoïque ne renferme que du gaz (13%) dont la moitié est encore classée probable et possible.

gisements algeria

De nombreuses compagnies pétrolières étrangères opèrent en Algérie en association avec sonatrach, dont Total et GDF (France), Repsol (Espagne), Rosnef (Russie), ENI (Italie), BP (Grande Bretagne), Statoil hydro (Norvège), Anadarko (USA) ou CNPC (Chine).

Transport maritime du brut :

MESDAR :

supertanker de transport de pétrole brut de type VLLC (Very Large Crude Carrier), acquis dans le cadre d’un partenariat entre la Compagnie Japonaise Kawasaki Ship Builiding et Sonatrach Petroleum Corporation Bvi, filiale à 100 % du Groupe Sonatrach. Le Mesdar à une capacité de 315 000 m3 (soit plus de 02 millions de barils).

mesdar algeria

Corruption chez Sonatrach :

Début 2010, un scandale éclate au sein de la compagnie pétrolière Sonatrach.

Une affaire de corruption est mise au jour début 2010. Il s’agit d’une affaire portant sur des contrats conclus entre le groupe pétrolier et des bureaux d’études ou des sociétés spécialisées dans la sécurité.

Mohamed Meziane, PDG de Sonatrach depuis septembre 2003, a quitté ses fonctions.

L’impossible désintoxication pétrolière :

Au premier abord, l’Algérie est florissante. Les recettes en provenance du pétrole lui ont permis de se constituer une formidable réserve de 150 milliards de dollars. Le gouvernement utilise son épargne budgétaire (43 % du PIB) pour construire des routes, des voies ferrées, des logements et des barrages dont il attend qu’ils entraînent un décollage économique comparable à celui de l’Asie et qui assure la paix sociale et politique. Le discours stratégique est impeccable.

À y regarder de plus près, pour l’instant, pas de décollage à l’horizon. En 2011, selon les chiffres du Fonds monétaire international (FMI), l’Algérie connaîtra une croissance inférieure (+ 4 %) à celle de ses voisins marocain (+ 4,3 %) et tunisien (+ 4,8 %), pourtant bien moins avantagés par leur sous-sol. Près d’un jeune Algérien sur quatre sera toujours sans travail.

Risques de tensions à venir :

La fin du pétrole n’étant pas pour demain et, les nouveaux gisements aidant, l’extraction continuera bien au-delà de 2040, selon les spécialistes. Cela permettra au pouvoir de maintenir en place un système qu’il pratique depuis des décennies. Les recettes pétrolières nourrissent le budget de l’État, qui confie aux banques publiques les moyens de financer les entreprises publiques ; comme cela ne créera pas d’emplois pérennes, formels et bien rémunérés, il faudra à intervalles réguliers ouvrir les vannes budgétaires pour calmer l’exaspération populaire. C’est ce qu’a fait, fin août, la loi de finances complémentaire 2010, qui prévoit une augmentation de plus de 30 % de la masse salariale de la fonction publique.


Libye

Histoire :

La découverte des premiers grands champs pétroliers à partir de 1956 a transformé l’économie du pays. La production de pétrole croît très rapidement atteignant 3 millions de barils par jour au cours des années 1960 et faisant de la Libye un des principaux exportateurs au monde. Cette croissance s’accompagne d’une élévation du niveau de vie très rapide : dans les années 1970 le PNB par habitant de la Libye est un des plus élevé de toute l’Afrique.

African GDP map carte afrique pib

La Libye est le deuxième producteur de pétrole brut en Afrique après le Nigeria et devant l’Algérie. Mais la Libye dispose de la plus grande réserve de pétrole africaine ; ses réserves sont estimées à 47,1 milliards de barils en 2011. La Libye est donc un des acteurs majeurs de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP).

Le pétrole libyen est de bonne qualité, peu cher à produire (de l’ordre de 1$ par baril pour certains puits) et proche des centres de consommation ainsi que des marchés européens. La capacité de production est en partie handicapée par la faiblesse des investissements liée à l’embargo découlant des sanctions économiques imposées par l’ONU ; celui-ci n’a été levé qu’en 2003.

De la colonisation à la nationalisation :

La Libye est colonisée par l’Italie en 1911. Elle retrouvera son indépendance en 1951 et Idris Ier s’auto-proclama Roi de Libye. Il exercera cette fonction du 24 décembre 1951 au 1er septembre 1969. Cette monarchie était contestée, tant au niveau de la politique interne (conditions sociales déplorables) qu’au niveau de la politique externe (les rebelles reprochaient au Roi sa collaboration avec le Royaume-Uni et les Etats-Unis ; les majors occidentales bénéficiaient d’accords privilégiés d’exploitation et d’exportation pétrolière). Jusqu’à l’arrivée de Kadhafi au pouvoir, la Libye est alors un pays pauvre avec une économie basée sur l’agriculture.

La jeune monarchie d’Idris Ier fut renversée par le Colonel Mouammar Kadhafi le 1er septembre 1969.

Muammar al Gaddafi Mouammar Kadhafi

Il instaure la République arabe libyenne et relève les royalties et la fiscalité des échanges pétroliers : les revenus issus de l’industrie pétrolière se voient multipliés par huit entre 1969 et 1974. Après avoir établi de vastes mesures sociales, Kadhafi s’emploie à développer l’infrastructure industrielle et énergétique, notamment dans le domaine de la pétrochimie.

Lors du premier choc pétrolier, le gouvernement prend le contrôle des concessions pétrolières du pays à hauteur de 51%, via la National Oil Corporation (NOC), crée en 1970.

National Oil Corporation :

La National Oil Corporation (NOC) est la compagnie nationale libyenne. Elle domine 70% de l’industrie pétrolière du pays. Ses filiales majeures sont la Waha Oil Company (WOC), l’Arabian Gulf Oil Company (AGOCO), la Zueitina Oil Company (ZOC) et la Sirte Oil Company (SOC).

Libya NOC Libye National Oil Corporation

La Libye attrait l’exploration d’hydrocarbures dès 1956 lorsqu’un champs majeur fut découvert en onshore au bassin de Syrte. La Libye autorisa de nombreuses concessions, notamment à Esso, Mobil et Texas Gulf (devenues ExxonMobil). Des découvertes majeures s’en suivirent en 1959. Suite à l’ascension au pouvoir en 1969 de Mouammar Kadhafi, la NOC fut crée en 1970. Son premier dirigeant fut Salem Mohammed Amesh.

En 1970, le pouvoir en place et ses vastes réformes sociales nationalisa la NOC. Elle devint alors la compagnie nationale libyenne. La NOC préserve cependant des associés tels que l’Occidental Petroleum Company (Oxy), Sincat (Italie) et Saipem (filiale d’ENI). Par la suite, ce fut au tour de la nationalisation des champs pétroliers, notamment ceux d’Umm Farud (appartenant auparavant à ConocoPhillips) en 1970, de Sarir (détenu auparavant par BP) en 1971 et de Sahabir (détenu auparavant par AMOCO) en 1976.

Durant le premier choc pétrolier (guerre de Kippour), le gouvernement proclama, comme nous le savons, un embargo envers les pays soutenant l’Etat d’Israël. Cependant, les Etats-Unis, la France et l’Italie finirent par conclure des arrangements avec le gouvernement libyen, dont Exxon et Mobil (ExxonMobil), Elf Aquitaine (Total) et Agip (ENI). Le partage de la production était de 85% pour le gouvernement libyen en onshore et de 81% en offshore.

D’autres concessions furent octroyées à Amoseas (American Overseas Petroleum Limited) pour le champs de Beida, Hunt, Arco (BP), Esso (ExxonMobil) et Shell (Royal Dutch Shell) pour une part de 17%. Mobil-Gelsenberg était détenu par la NOC (51%), Mobil (32%) et Gelsenberg (17%).

En 1976, la NOC produisait 408 000 barils par jour.

Sous l’ère Khadafi, la production de la NOC (qui contrôle 100% des activités du secteur pétrolier du pays) s’était stabilisée à 1,8 millions de barils par jour, jusqu’en 2010.

Libya oil production petrole libye

Fin 2011, au plus fort de la crise libyenne, la production n’était que de 200 000 barils par jours.

En mars 2012, Nasser al-Manaa, chef du Conseil National de Transition (CNT), annonce que la production libyenne est de 1,45 millions de barils par jour. Il souligne aussi que celle-ci pourrait dépasser celle de l’avant guerre d’ici la fin de l’année.

Sanctions internationales :

Des sanctions états-uniennes suite à des accusations de terrorisme et de collaboration avec l’Union Soviétique furent appliquée le 10 mars 1982. Les importations de brut libyen furent interdites. Exxon et Mobil quittèrent leurs concessions en 1983. En mars 1984, les sanctions s’accentuèrent et interdirent tout export depuis le complexe pétrochimique de Ras Al-Enf. Le 7 janvier 1986, Ronald Reagan interdit les sociétés états-uniennes de tout commerce ou accord financier avec la Libye tout en gelant les actifs libyens dans son pays.

Les sanctions états-uniennes persistent et c’est au tour des Nations Unies, le 31 mars 1992, de sanctionner la Libye suite à l’attentat de Lockerbie. Cette fois, un véritable embargo est mis en place afin de stopper la rente pétrolière de la Libye.

Le 22 décembre 2003, la Libye stoppa son programme d’Arme de Destruction Massive (ADM ; en anglais : WMD) et signa le traité de non-prolifération nucléaire.

Le 4 juin 2004, les Etats-Unis accueillirent la première livraison de brut libyen depuis plus de vingt ans. Les majors pétrolières occidentales réinvestissent en Libye dès janvier 2005.

Après la fin de l’embargo et la levée définitive des sanctions de la part du Conseil de Sécurité des Nations Unies le pays bénéficie d’une croissance de 5 % en 2003 et 2007; en 2010, la croissance dépasse 10 % et le PIB par habitant augmente de 8,5 %.

Le 15 février 2011, le jour même où commencent les premières protestations qui débouchent sur la révolte ouverte contre le régime, puis sur la guerre civile qui entraînera la mort de Kadhafi, un rapport du FMI loue la bonne gestion par celui-ci et l’encourage à continuer d’améliorer l’économie, mentionnant son ambitieux agenda de réformes.

Le Conseil National de Transition (CNT) a annoncé début 2012 qu’aucun nouveau contrat pétrolier ne sera signé tant qu’un nouveau gouvernement ne sera pas formé à l’issue d’élections.

Champs pétroliers :

La plupart des gisements de pétrole sont situés dans le chabiyat d’Al Wahat.

libya oil fields champs petroliers

Sarir :

Situé à 500 kilomètres à l’est de Tripoli, dans le bassin de Syrte, le champs Sarir détient 12 milliards de barils. Ce champs super-géant est le plus grand en Libye. Il a été découvert par BP en 1961 à une profondeur de 2 700 mètres. Sa capacité de production est de 200 000 barils par jour en 2011. Le pétrole est d’excellente qualité (37,2° API) et est acheminé par pipeline au terminal de Marsa El Hariga. Il appartient à la NOC et à BP à part égale.

Sharara :

Situé à 800 kilomètres au sud de Tripoli, dans le bassin de Murzuq, le champs géant de Sharara fut découvert par Petrom (Roumanie) dans les années 1980 ; sa production débuta en 1996. Ses réserves sont estimées à 2 milliards de barils et son pétrole est de très bonne qualité (44° API). Il produit 400 000 barils par jour en 2011. En octobre 2011, il est détenu par la NOC à hauteur de 75%, Repsol (Espagne ; 10%), Total (7,5%) et OMV (Autriche ; 7,5%). La production est acheminée au terminal de Zawia à l’ouest de Tripoli.

Elephant :

Aussi connu sous le nom de El Feel, Elephant est un gisement géant situé à 750 kilomètres au sud de Tripoli, dans le Bassin de Murzuq. Il détient 1,2 milliards de barils. Il fut découvert en octobre 1997 par un consortium dirigé par la compagnie britannique Lasmo (composée d’ENI et de cinq compagnies sud coréennes). La Lasmo a établit son prix de production à 1 dollar par baril. Sa production débuta en février 2004. ENI (détenteur de 33% des parts) exploita le gisement en partenariat avec la NOC (33% également), la National Korea Oil Company (16,67%), la SKP Corporation of Korea (8,33%), la Majuko Enterprise Limited of Korea (5%) et la Daesung Industrial Compagny Limited of Korea (3,3%). Sa production est de 126 000 barils par jour en 2010.

Waha :

Situé au centre-est de la Libye, dans le centre-sud du bassin de Syrte, les champs de Waha sont les plus anciens du pays. Leur production démarra dans les années 1950 ; elle était d’1 million de barils par jour en 1969, de 400 000 en 1986 et est aujourd’hui stable à 350 000 barils par jour en 2010. Ces champs sont détenus par la NOC à hauteur de 59,17%, ConocoPhillips (à hauteur de 16,33%), Marathon (16,33%) et Amerada Hess (8,17%). La production est acheminée via un pipeline de 430 kilomètres partant du champs de Gialo, passant par celui de Waha et Samah puis continuant vers le nord en passant par Dahra avant d’arriver au terminal Es Sider, situé dans le Golfe de Syrte.

De nombreux autres champs viennent s’ajouter à la liste tels que les champs d’Ain, Al Wafa, Arshad, Assumud, Attahaddy, Bouri, Brega, Defa-Waha, El Beda, El Sharara, En Naga, Hamada, Jebel, Jerbi, Mabruk, Messla, Raguba, Ralah, Sarir, Sirtica, Wadi, Zuetina.

La Libye conserve un large potentiel de réserves à découvrir. En effet, leur ratio d’exploration par kilomètre n’est que de 16 puits pour 10 000 kilomètres, ce qui est très peu. Les pays pétroliers forent en moyenne tous les 50 kilomètres (la moyenne mondiale s’établit à 105 kilomètres). Les régions de Murzuq, Kufra et la Cyrénaïque détiennent probablement des bassins datant du paléozoïque ainsi que du haut paléozoïque pour les régions de Ghadames et de Syrte.

Seuls 30% du territoire libyen a pour le moment été exploré.

Raffineries :

La NOC et ses filiales raffine l’essentiel de la production libyenne (près de 380 000 barils par jour) notamment dans sa raffinerie de Ra Lanuf (220 000 barils par jour, détenu par la ZOC), Zawia (120 000 barils par jour, détenu par la RLOGPC), Brega (10 000 barils par jour, détenu par la SOC), Tobruk et Sarir (respectivement 20 000 et 10 000 barils par jour, détenu par l’AGOCO).

Libya oil terminal petrolier Libye

Approximativement 60% des produits raffinés sont exportés via Tamoil en Europe : 495 000 barils par jour en Italie, 253 000 en Allemagne, 113 000 en Espagne, 87 000 en France, 85 000 aux USA mais aussi en Suisse et en Egypte, en 2006.

Malgré le passé colonial de l’Italie, la Libye maintient des liens commerciaux forts avec celle-ci, qui demeure son principal partenaire, y compris au plus fort de l’isolement international du régime de Kadhafi.

Chiffres :

Le PIB (PPA) de la Libye est le plus élevé du continent africain en 2011, s’élevant à 12 000 dollars (la classant parmi les 50 pays les plus prospères au monde). Celui-ci bénéficie d’une croissance stable à 8% depuis 2003. Son IDH est de 0,840, soit, là aussi, le plus élevé d’Afrique. Son économie repose très largement sur l’exportation du pétrole, à hauteur de 95%. Les activités pétrolières représentent 35% de son PIB, 45% pour le secteur tertiaire, 14% pour le secondaire et 6% pour le primaire (pâtissant de la nature des sols du pays, désertiques à 94 %).

Elle est membre de l’OPEP mais aussi de la Ligue arabe et de l’Union du Maghreb Arabe (UMA).

La Libye dispose également de réserves importantes de gaz naturel qui sont jusqu’à présent peu exploitées ; 28 milliards de m³ ont été produits en 2009 dont la moitié pour la consommation intérieure, en particulier dans des centrales de production électrique. Une partie du gaz est exportée vers l’Italie par le gazoduc Greenstream (construit par la NOC et ENI).

La Libye souhaitait augmenter sa production de 1,8 millions de barils par jour à 3 millions d’ici 2015, cependant, suite à la guerre civile qu’elle a connu en 2011, elle devra attendre de retrouver un climat politique plus prospère.


Egypte

L’Egypte est un acteur majeur en Afrique, il est le cinquième producteur du continent : près de 740 000 barils de pétrole en 2010.

A peu près la moitié de ses réserves sont situées en offshore.

L’Egypte n’est pas un membre de l’OPEP mais est un membre de l’OPAEP (Organisation des Pays Arabes Exportateurs de Pétrole, OAPEC).

Les premières découvertes furent trouvée en 1908. Cependant, la plupart du pétrole aujourd’hui exploité fut découvert dans les années 1930 le long du Golfe de Suez. Plus tard, de gros gisements furent découverts dans la Péninsule du Sinaï, le Golfe de Suez ainsi que dans le désert de l’ouest et de l’est.

Les champs de Abu Rudeis et Ra’s Sudr situés dans le Sinaï ont brièvement étés capturés par l’Israël en 1967 puis rendus à l’Egypte en 1975.

Les réserves du pays sont estimées à environ 4,2 milliards de barils équivalent pétrole (soit le sixième du continent) ; 3 milliards de barils sont du pétrole brut.

La production de pétrole en Egypte était d’environ 900 000 barils par jour dans les années 1990. Depuis 1996, la production subit une baisse constante atteignant 700 000 barils par jour en 2005. Depuis, ce niveau de production est quasi stable, bien qu’il connaisse un léger regain ces dernières années.

egypt oil production

Le Canal de Suez et les 322 kilomètres de long du pipeline Sumed, qui relie la Mer Rouge, le Golfe Persique et la Mer Méditerranée, font de l’Egypte un point stratégique au Moyen-Orient.

sumed

Notons que le Canal de Suez a été aménagé de sorte à pouvoir accepter des super-tankers (VLCCs) depuis 2006. Le Canal de Suez est une des sept plus grandes voies de transit des super-tankers au monde. 1,6 millions de barils par jour passent par celui-ci. Sans lui, les pétroliers devraient faire un détour de 10 000 kilomètres en passant au sud de l’Afrique.

En 2005, l’Egypte à construit 9 raffineries capables de raffiner 726 250 barils de pétrole brut par jour (115 465 m3). La plus grosse de celles-ci est celle de El-Nasr, à Suez, qui est à même de raffiner à elle seule 146 300 barils par jour (23 260m3).

La Compagnie Nationale de Pétrole (NOC, National Oil Company) de l’Egypte est l’Egyptien General Petroleum Corporation.

En 2007-2008, de nombreuses découvertes ont augmenté la production du pays (55 000 barils de pétrole par jour supplémentaires) ; c’est notamment ce qui a permit à l’Egypte de maintenir un taux de production aux environ de 700 000 barils par jour. Ces découvertes ont été détectées dans le Golfe de Suez, le Delta du Nil, à l’ouest du pays, dans le désert ainsi qu’en Méditerrannée.

Les principales ressources du pays proviennent du pétrole et des revenus issus du transit par le Canal de Suez. Le secteur industriel et touristique demeure somme toute relativement important dans la balance commerciale.

Une étude révèle que près de 2 milliards de barils seraient encore à découvrir en Egypte ce qui accroit massivement les Investissements Directs Etrangers (IDE) tels ceux de ENI (Italie), RWE (Allemagne), BP (Royaume-Uni).

La production étant actuellement, en 2010, de 740 000 barils par jour, la consommation intérieure est de 700 000 barils par jour, ce qui en fait un exportateur net relativement marginal.

Conflit Tchad-Soudan :


Tchad

Le Tchad est devenu exportateur de Pétrole en 2003. Il trouva en effet des gisements dans la région de Doba (sud du pays). Ses exploitants sont un consortium Américain comprenant Exxon Mobil et Chevron, et aussi Petronas, une compagnie Malaise. Or, comme le Tchad est un pays enclavé, ces compagnies on du construire un oléoduc de plus de 1000 kilomètres pour relier Doba à Kribi, sur la côte Camerounaise ouvrant sur le Golfe de Guinée.

pipeline doba kribi

Comme nous le savons, le Tchad est l’un des pays les plus pauvre au monde avec un taux d’IDH de 0,392 le plaçant ainsi à la 175e place sur 182 pays. En effet, 80% de la population vit avec moins de 80$ par jour, l’espérance de vie est de 45 ans. Ainsi, les revenus du pétrole peuvent aider ce pays à sortir du sous-développement.

world bank

La Banque Mondiale, qui a co-financé l’oléoduc à hauteur de 13% (avec les compagnies pétrolières étrangères ; le coût total étant de 3,7 milliards de dollars), à imposé au Parlement Tchadien que celui-ci vote une loi qui encadre la redistribution de la rente pétrolière en stipulant que, dans le budget de l’état, 80% des revenus pétroliers doivent être affectés au secteur de l’éducation, la santé, l’environnement, l’eau et les infrastructures, 10% sont placés à Londres sur un compte bancaire pour les générations futures, 5% pour le développement local de la région de production de Doba, et 5% affectés au gouvernement Tchadien.

Le Tchad, gouverné depuis 1991 par Idriss Déby, est un pays très instable politiquement.

idriss deby

En effet, le Tchad, ayant pour voisin à l’est, le Soudan, dispose, entre les deux, d’une zone tampon : le Darfour.

darfour

Cette région ouest du Soudan a, comme nous nous en souvenons, en 2003, connue la guerre civile entre les peuples qui se rebellaient contre le régime politique de Khartoum, la capitale Soudanaise, et ainsi provoqué un important mouvement de population de la région du Darfour de l’autre côté de la frontière, dans la région est du Tchad. Or, l’ethnie des Zaghawa, celle-là même d’Idriss Déby, soutien les rebelles du Darfour. Ceci est évidemment très mal vu par le gouvernement de Khartoum, celui-là même qui a aidé à entreprendre le coup d’état d’Idriss Déby dans la fin des années 1980. Ainsi, en retour, le Soudan accueille des opposants Tchadiens qui lance des attaques en territoire Tchadien ; il a aussi aidé l’Union de l’Opposition Tchadienne par la création du Front Uni pour le Changement, et c’est ce parti qui a essayé de renversé le pouvoir Tchadien d’Idriss Déby en Avril 2006.

En effet, Khartoum voudrait a Ndjamena un président Tchadien plus favorable à ses intérêts, à savoir, entre autre, de réaliser un oléoduc entre Doba et les oléoducs Soudanais qui mènent à Port-Soudan, ville côtière Soudanaise, donc à l’est, qui donne sur la Mer Rouge, et de là, exporter le pétrole vers la Chine.

doba port soudan

Car il faut savoir que Beijing importe 85% de la production pétrolière du Soudan. Les deux pays sont liés par des accords commerciaux et la Chine fournit, entre autres, des équipements militaires au Soudan (la Russie aussi) ainsi que des licences pour la production d’armes.

Face à ces calculs Soudanais, le Tchad dispose d’un soutien des Etats-Unis (puisqu’ils y ont leurs intérêts pétroliers d’Exxon Mobil et de Chevron), et la France, qui avait aidé Idriss Déby à parvenir au pouvoir et qui maintient au Tchad du matériel et 1200 militaires stationnés là en permanence, afin de tenter de préserver la stabilité politique dans cette région Africaine.

Pour conclure sur le Tchad, je préciserai que le gouvernement Tchadien n’a pas tenu sa promesse envers la Banque Mondiale, la justice et la sécurité ayant été rajoutées au texte de loi et privilégiées pour bénéficier des recettes pétrolières. En clair, les recettes pétrolières ont permis d’acheter des armes.

Je terminerai par une précision : le gouvernement Tchadien ne touche que 12,5% des recettes du pétrole sur son sol (le reste revenant donc aux compagnies pétrolières étrangères).


Soudan

Le Soudan, qui est le pays le plus vaste du continent Africain, connait, depuis d’ores-et-déjà quelques années, une forte croissance (de 8 à 10%). Le pays est initialement très pauvre (classé en 2006 au 150 rang en matière d’IDH), et le gouvernement est très mal vu par la Communauté Internationale depuis la guerre au Darfour et en rapport à son régime politique, spécialement dans le domaine des droits de l’homme.

Le Soudan est en effet classé 5eme pays du continent Africain en terme de réserves de pétrole prouvées.

Voici une carte montrant les différentes concessions pétrolières au Soudan :

oil concessions soudan

Seulement trois d’entre-elles fournissent plus de la moitié de la production Soudanaise. Celles-ci sont exploitées par un consortium formé par la compagnie Chinoise CNPC (40%), la compagnie Malaise Petronas (30%), la compagnie Indienne ONGC (25%) et la compagnie nationale Soudanaise Sudapet (5%). Ce pétrole est exporté par Oléoduc à Port-Soudan.

Les revenus pétroliers représentent 80% de la valeur des exportations du pays.

Le Soudan est un pays politiquement très instable, non pas seulement avec le conflit dans la région du Darfour, mais aussi dans la région Sud Soudan, qui réclame son indépendance. En effet, le régime de Khartoum est arabe et impose la loi Coranique de la Charia à l’ensemble du pays qui est constitué d’ethnies Africaines non musulmanes (l’APLS) qui s’insurge contre le gouvernement. La guerre civile entraîna quelques 2 millions de morts. Le 9 janvier 2005 fut signé un accord de paix, mais en 2010, le climat politique est toujours très tendu, autant au sein du pays qu’avec la Communauté Internationale.


Golfe de Guinée :

Conflit entre la Guinée équatoriale et Gabon

offshore guinee equatoriale gabon

En blanc, nous pouvons apercevoir l’entente sur le Rio Muni, mais dès l’embouchure du fleuve dans le golfe de Guinée, là où le fleuve se jette dans la baie de Corisco il y a conflit. En effet, le Gabon demande une séparation des eaux territoriales visible sur le schéma ci-dessous par la ligne verte, et celle désirée par la Guinée Equatoriale en rose.

guinee gabon eaux maritimes

Il y a donc désaccord sur les frontières maritimes. Pour le Gabon, la frontière passe entre les archipels de Corisco et ceux de Mbanié et pour la Guinée Equatoriale, la frontière inclut dans son territoire les trois îlots de Mbanié, Cocotier et Conga.

Or, comme nous le savons, dans le Golfe de Guinée, près de Sao Tomé et Principe, il y a d’importantes ressources pétrolières. Cette zone est appelée a devenir une zone majeure de production de pétrole mondiale.

oil areas guinea gulf

Or, étant donné l’instabilité des pays au Moyen-Orient, des compagnies pétrolières Américaines et Françaises, notamment, s’intéressent de près au Gabon, à l’Angola et à Sao Tomé et Principe. En effet, la zone est plus politiquement stable qu’au Moyen-Orient.

Cela crée donc un réel contentieux. De plus, chacun de son côté, la Guinée Equatoriale et le Gabon on accordés de larges zones d’exploitation pétrolières en offshore à des concessions pétrolières étrangères qui s’enchevêtrent. Le Gabon, à Golf Oil et Royal Dutch Shell, dans la zone délimitée en couleur verte dans la carte ci-dessous, et la Guinée Equatoriale donnée aux sociétés espagnoles Sepsa et Spanish golf Oil dans la zone rose.

accords offshore golfe guinee

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